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Monde

Polarisation politique et instrumentalisation

Attentat antisémite à Pittsburgh, Trump reste prudent vis-à-vis du suprémacisme blanc

Samedi 27 novembre à Pittsburgh, dans l’état de Pennsylvanie aux Etats-Unis, un homme a fait feu sur les personnes rassemblées dans une synagogue à l’occasion d’une cérémonie religieuse. Il s’agit de l’attaque antisémite la plus meurtrière des Etats-Unis. Cet horrible attentat révèle le degré de polarisation politique des Etats-Unis, mais également la montée du suprémacisme blanc, cette idéologie raciste affirmant la suprématie de la « race » blanche dans une rhétorique largement inspirée du nazisme.

A chaque attentat les mêmes larmes de crocodiles et les mêmes instrumentalisations

Donald Trump a décrété la mise en berne des drapeaux jusqu’à mercredi, en mémoire des 11 victimes de l’attentat perpétré par Robert Bowers, un suprémaciste blanc qui accusait les juifs de commettre ce qu’il appelait sur les réseaux sociaux « un génocide contre (son) peuple ». Derrière les larmes de crocodile du président américain et sa condamnation très vague de la haine se cache un refus de dénoncer le racisme d’une extrême-droite décomplexée qu’il attise lui-même sans cesse.

Le profil de Robert Bowers ne laisse en effet que peu de doutes subsister. Il affirmait sur les réseaux sociaux à de nombreuses reprises vouloir préserver son peuple d’un prétendu « génocide » dont seraient responsables les juifs et les musulmans. Pour seule réponse, Donald Trump se contente de quelques condamnations très vagues et de ses désormais traditionnelles invectives contre les médias, qu’il accuse d’attiser la haine. Les attentats sont toujours aussi pour lui l’occasion d’un nouveau tour de vis sécuritaire, accentuant la pression sur les classes populaires.

La violence raciste, arme indirecte des gouvernements populistes

L’attentat de Pittsburgh révèle surtout à quel point Donald Trump se montre prudent vis-à-vis de l’extrême-droite suprémaciste des Etats-Unis. Des représentants de la communauté juive de Pittsburgh ont d’ailleurs fait savoir que le président n’était pas le bienvenu à la cérémonie de commémoration qui aura lieu en hommage aux victimes tant que ce dernier ne condamnerait pas plus fermement l’idéologie suprémaciste incriminée.

Au Brésil, alors que le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro vient de remporter l’élection présidentielle, les agressions racistes, sexistes ou homophobes se multiplient et jouent le rôle d’instrument de répression voire de terreur au service du nouveau président. Contre la violence raciste, les classes populaires et les travailleurs ne doivent placer aucune confiance dans les gouvernements autoritaires qui ne cesse de les instrumentaliser.

Crédit photo : Gene J. Puskar/AP/SIPA




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