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Monde

Leurs guerres, nos morts

Attentat de Manchester : massacre d’enfants

Suite au terrible attentat perpétué au Manchester Arena, ayant fait 22 victimes et une soixantaine de blessés, dont de nombreux enfants, Theresa May, la première ministre britannique, vient d’annoncer la suspension de la campagne législative du 8 juin prochain en Grande-Bretagne. Une campagne législative britannique, mais aussi française, qui pourrait bien prendre un nouveau tournant sécuritaire. L'attentat a été revendiqué par l'Etat islamique en début d'après midi.

Un acte de barbarie

Il était aux environs de 22h30 lorsque, à l’entrée du stade du Manchester Arena qui accueillait ce soir-là le concert de la chanteuse américaine Ariana Grande et sa foule composée en grande partie de jeunes adolescentes, l’explosion a retenti. Un homme s’est fait exploser à l’aide d’une bombe artisanale, entraînant avec la sienne, la mort de 22 victimes dont une petite fille de 8 ans, Saffie Rose Roussos. On décompte 60 blessés dont une bonne partie a moins de 16ans.

L’attentat du Manchester Arena a été revendiqué par l’État Islamique dans un communiqué officiel de l’agence Amaq. Dans sa forme et dans sa cible, il ressemble de près à celui qui a visé dans la soirée du 13 novembre 2015 les spectateurs du concert des Eagles Death Metal dans la salle du Bataclan à Paris. Ici aussi, il s’agit d’un acte odieux et barbare visant un lieu de divertissement, regroupant qui plus est, un public extrêmement jeune.

Un jeune homme de 23 ans, que les autorités britanniques identifient comme étant "en lien" avec l’attentat vient tout juste d’être arrêté au sud de Manchester.

Leurs guerres, nos morts

Les réactions politiques ne se sont pas faites attendre. Theresa May, la première ministre britannique a dénoncé un acte d’une « lâcheté ignoble » et a décidé de suspendre la campagne en cours dans le cadre des législatives appelées pour le 8 juin prochain. Côté français, l’Elysée a communiqué sur l’« effroi » du président à l’annonce de la nouvelle, et sur le fait qu’il « poursuivra avec le gouvernement et les forces britanniques le combat contre le terrorisme ». Un discours de fermeté d’un côté et de l’autre de la Manche qui annonce un nouveau virage sécuritaire pour les campagnes législatives françaises et britanniques dans les semaines à venir. Et, bien sûr, le maintien voire le renforcement de l’engagement britannique et français sur le terrain militaire, en particulier en Syrie et en Irak.

La violence de Daesh est une violence en miroir. Elle est le reflet des politiques impérialistes à l’étranger tout autant qu’elle cherche à profiter du climat raciste et nauséabond qui s’empare de l’opinion dans les pays occidentaux. Les cibles des attentats, des jeunes, des lieux de divertissement, sont choisis sciemment par Daesh : choquer pour mieux radicaliser l’opinion, assassiner pour voir encourager davantage les amalgames, le racisme et les hostilités entre les communautés déjà largement entretenues par les autorités officielles. Cette stratégie de la « fracture » utilisée par Daesh ne peut fonctionner que dans la mesure où ces actes sont systématiquement instrumentalisés par une extrême-droite déjà renforcée par les politiques anti-sociales menées ces trente dernières années et par les gouvernements en place toujours prêts à décliner leurs politiques de surrenchère raciste et guerrière.

Surtout, ces crimes d’enfants servent de prétexte pour légitimer les crimes qui sont commis lors des interventions guerrières menées par les forces impérialistes occidentales avec l’appuie de pays comme l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis. Avec les enfants innocents de Manchester, on pleurera tout autant les 60 civils dont plusieurs enfants, victimes d’un bombardement mené par les forces de la coalition le 19 juillet 2016 dans la province d’Alep, ou encore ces dix civils tués le 25 mars dernier près de Mossoul en Irak, ou encore le bombardement d’une école dans la Province de Raqqa qui a fait au moins 33 morts en mars selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme. En janvier dernier, la coalition internationale anti-Daech menée par les Etats-Unis reconnaissait avoir tué près de 200 civils depuis 2014.

Contre les guerres impérialistes qui sèment le chaos et engendre la haine, face à la barbarie qu’elles alimentent, nous pleurerons, nos morts, ces enfants innocents, assassinés sauvagement.




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