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Monde

Exploitation et contamination

Au Niger, Areva empoisonne la population

À Arlit, une cité de mineurs située au nord du Niger, les gisements d’uranium exploités par Areva (devenue Orano depuis janvier) contaminent la population. La poussière radioactive libérée par les exploitations est propagéé dans toute la ville à cause notamment des tempêtes de sable et empoisonne l’eau, la nourriture et entraîne la mort.

Crédit photo : RFI / Sonia Rolley

Les activités de l’industrie minière ont toujours été marquées, outre l’évasion fiscale, la corruption et l’exploitation des travailleurs, par une forte dégradation et contamination de l’environnement, qui affectent en premier lieu les habitants des régions dotées en ressources minérales et naturelles. Arlit et sa population n’en sont pas indemnes.

Comme le rappelle Amina Weira, auteure d’un documentaire sur cette ville minière dans une interview donnée au Monde, avant l’arrivée d’Areva, le géant français du nucléaire, Arlit était un petit campement touareg situé dans une région aride du nord du pays. Depuis qu’Areva a commencé à exploiter les gisements, au début des années 1970, cette région a vu naître une cité ouvrière qui a grandi au fur et mesure que de nombreux travailleurs et de nomades venaient s’y installer pour essayer de tirer profit de l’activité minière. Aujourd’hui la cité compte 150.000 habitants, parmi lesquels 4000 sont des travailleurs des mines.

La ville qui est née et a grandi autour de l’exploitation des gisements d’uranium, dont certains quartiers sont à moins de 200 mètres des mines, a été aussi construite avec l’argile contaminée de ces gisements et une grande partie des murs des maisons contiennent de la radioactivité. Ce fait qui s’ajoute à l’empoisonnement de l’eau, de la nourriture et du bétail participe à l’extension de la radioactivité sur une partie de la population et de la ville, même lorsque ces secteurs ne sont pas directement attachés aux activités minières.

Ainsi, ce sont les retraités de la mine qui sont les plus touchés par la contamination radioactive, et beaucoup d’entre eux meurent de paralysies et à cause d’autres maladies provoqués par un trop fort taux de radioactivité. Mais c’est aussi plus largement une grande partie de la population qui est atteinte de difficultés respiratoires ou de cancers. De plus, les malformation des nouveaux-nés à cause de la radioactivité libérée par l’exploitation des gisements d’uranium sont récurrentes.

Comme l’ont déjà souligné différentes organisations tels que la CRIIRAD (commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité), Greenpeace, et l’OMS (organisation mondiale de la santé), le taux de radioactivité dans la cité ouvrière d’Arlit a atteint des niveaux extrêmement dangereux.

La ville de l’Arlit, où se trouvent les deux mines en activité du Niger, la Samoaïr (l’une des cinq plus grandes mines d’uranium au monde) et la Cominak, fournit 30% de l’uranium traité par Areva. Cependant le Niger ne perçoit de cette multinationale, détenue presque totalement par l’État français, que 7% des versements faits aux pays producteurs.

L’exploitation que mène Orano, ex - Areva au Niger est synonyme de pauvreté, de maladies et de déchets radioactifs polluant l’environnement et la santé des travailleurs et des habitants de la ville. Contre un logement allant avec l’emploi dans les mines, Areva empoisonne la population en se servant de la situation de précarité dans laquelle elle se trouve.




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