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Société

Coup de gueule

Au Pape : la psychiatrie pour les homos ? Occupez-vous donc de vos curés pédophiles !

Comme si les scandales à répétition de pédophilie dans l'Eglise catholique ne suffisaient pas, le pape François, solide comme le roc, continue à considérer l'homosexualité comme une maladie, et à asséner ses leçons de morale homophobe à portée internationale.

Photomontage : à gauche, "Le pape protège des prédophiles”, manifestation “Debout pour la vérité” le 26 août à Dublin, capture d’écran du reportage AFP.

D’autres feraient profil bas face à des accusations aussi graves que celles portées contre l’Eglise que dirige le pontife. Lui non. Fort des roucoulades entretenues ci et là avec les chefs de gouvernements de pays où l’Eglise prend un sacré revers ces derniers temps, Bergoglio ne se laisse pas abattre. Fidèle à lui-même et à l’idéologie conservatrice et patriarcale de l’Eglise qui l’a élu, dans l’avion de retour d’Irlande où il effectuait sa première visite diplomatique pour tenter d’apaiser la colère légitime suscitée par des milliers de crimes pédophiles impunis, il n’a pas perdu de temps pour passer des hypocrites paroles de repentance aux propos homophobes.

A un journaliste lui demandant ce qu’il dirait à des parents « constatant les orientations homosexuelles de leur enfant », il a ainsi répondu : « Je leur dirais premièrement de prier, ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille. Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans. Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité ».

Ainsi, pour le pape, l’homosexualité demeure une pathologie qui mériterait « remède » et qu’on pourrait traiter par la psychiatrie !? Faudrait-il peut-être, selon Bergoglio, confier ces enfants à ces « psy de l’Eglise », à l’image de Tony Anatrella, prêtre du diocèse de Paris et psychanalyste, accusé d’abus sexuel par sept victimes dont il avait la charge de « traiter les penchants homosexuels » ?

M. Bergoglio : occupez-vous donc plutôt de vos curés pédophiles, ceux-là même qui par leurs crimes sexuels, laissent des blessures indélébiles parmi leurs milliers de victimes ! Comment peut-on fermer les yeux sur des atteintes si violentes à la dignité d’un enfant, comme l’a fait votre Eglise depuis tant d’années aux quatre coins du monde ? Vos hypocrites demandes de pardon n’y feront rien car nous ne sommes pas dupes : les prédateurs sexuels et leurs complices continuent à infester vos rangs, à agir sous la couverture de votre hiérarchie ecclésiastique, sans que cela ne vous empêche de dormir ou de proférer vos propos homophobes. Que vous veniez de rencontrer 8 victimes de prêtres pédophiles parmi les 14 500 déclarées en Irlande depuis 2002 ne change rien à la donne. Pas plus que toutes les lettres de repentances que vous pourrez écrire. Car vos victimes n’ont que faire de lire que « Satan lui-même se déguise en ange de lumière », comme vous l’écrivez dans votre lettre du 20 août, citant la Bible. Il ne s’agit pas de bal costumé ici, mais de crimes qui méritent que justice soit faite, point barre.

Puisque vous n’avez pas daigné aller à leur rencontre, je reproduis ici les propos d’un des 5 000 manifestants qui ont défilé à Dublin ce dimanche pendant votre visite de la ville, manifestation que vous avez soigneusement passée sous silence : « Vous, les cardinaux, les évêques, n’avez pas abusé ou violé des enfants mais vous avez facilité, vous avez dissimulé, vous avez autorisé, vous avez comploté et tout cela, pour vous protéger, vous, votre pouvoir, votre institution et votre argent. C’est cela votre péché. Plus exactement, ce sont vos crimes ». Cette colère légitime n’est pas spécifique à l’Irlande. Il ne vous aura pas échappé que la pétition lancée par un prêtre exigeant la démission du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon complice d’agressions sexuelles de prêtres sur mineurs, a atteint pas loin de 100.000 signatures en quelques jours. En Irlande, en France, en Pennsylvanie, au Chili… nous savons que les milliers de voix qui s’élèvent pour dénoncer les violences sexuelles de prêtres pédophiles ne sont que la face émergée de l’iceberg. A coup sûr, de nouveaux scandales ne tarderont pas à faire surface. La colère gronde et vos diatribes homophobes ou contre le droit à l’avortement ne font que l’amplifier.

Alors plutôt que de nous servir vos recettes d’un autre âge, contentez-vous de faire le ménage chez vous, sans quoi nous ne vous laisserons pas en paix.




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