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Au Parlement Européen, les votes anti-ouvriers du FN

Dans le cadre de la campagne présidentielle, Marine Le Pen tente d’apparaître comme une candidate qui défend les travailleurs et les classes populaires. Pourtant, derrière les tactiques électorales, au Parlement Européen les votes des députés du parti frontiste dévoilent une fois de plus le vrai visage du Front National…

Depuis qu’elle est en campagne, la candidate du Front National tente de récupérer les thèmes sociaux pour attirer un électorat déçu par les multiples trahisons des gouvernements de « gauche » et se forger une image de candidate du camp social des classes populaires. Retraite à 60 ans, défense des emplois et du pouvoir d’achat, de la sécurité sociale… Marine Le Pen joue aussi la carte anti-système en se proclamant candidate des « petits » face aux « gros », aux lobbys, aux multinationales, à l’Europe de Bruxelles, qu’elle érige en principale responsable de tous nos maux.

Bien que nous pensions que la bataille se situe d’abord contre nos propres gouvernements, qu’ils servent le patronat français, grec ou espagnol, il est intéressant de souligner les contradictions entre les paroles et les actes. Dans la pratique, le bilan des votes des eurodéputés FN au parlement européen (une vingtaine élus aux élections européennes de 2014) est sans appel et montre une toute autre réalité. Égalité salariale, sauvegarde des emplois, libre-échange, secret des affaires, droits syndicaux… Le bilan des élus frontistes au Parlement européen met en lumière le vrai visage économique et social de l’extrême-droite : le mépris pour les salariés, français et étrangers. Preuve en plusieurs exemples.

Le Front National, une issue face à la dictature des « grands » ?

Sur les traités de libre-échange et le TAFTA, que la candidate frontiste décrie dès que l’occasion lui est donnée, lorsque ces projets sont soumis au vote, en mai 2015 et en janvier 2017, Marine Le Pen ne juge même pas nécessaire de se déplacer, ni même son suppléant Aymeric Chauprade. En parallèle, le mouvement social et les organisations non-gouvernementales, eux, se mobilisent.

Le secret des affaires pour protéger les multinationales : le Front National est pour ! Au printemps 2016, le Parlement Européen vote la directive sur le secret des affaires, que le FN soutient. C’est un des votes qui lui a le plus été reproché. Là encore, syndicats, organisations et société civile s’étaient mobilisés contre l’adoption de cet accord qui restreint encore davantage le droit à l’information et qui prévoit des sanctions judiciaires pour ceux qui s’intéressent de trop près aux activités des entreprises. La dictature patronale, non seulement Marine Le Pen s’en accommode très bien, mais elle travaille pour ! Une énième contradiction flagrante avec ses beaux discours. Ultérieurement, Louis Alliot, eurodéputé et compagnon de MLP, a prétendu que le FN n’avait jamais voté pour cette directive…

Pourquoi les députés FN soutiennent-ils une telle mesure, favorable aux multinationales, à leurs stratégies de contournement de l’impôt, à leurs pratiques néfastes en matière sociale ou environnementale ? Sans doute parce que le parti d’extrême droite s’accorde avec la vision du monde de certains grands groupes français qui se sentent menacés par la concurrence « étrangère ». Là encore, les intérêts « des français » qu’agite Marine Le Pen est une façon de cacher une politique de collaboration de classe profondément anti-sociale.

Marine Le Pen, la candidate des femmes travailleuses ?

Depuis qu’ils sont élus, les parlementaires FN s’opposent systématiquement aux projets du Parlement européen dans ce domaine. Ils ont voté contre les huit rapports présentés au Parlement Européen depuis 2014 visant à renforcer légalement les droits des femmes. Ils se sont par exemple opposés au congé maternité harmonisé à 20 semaines partout en Europe et rémunéré à 100%, tout comme ils ont voté contre le salaire égal entre les hommes et les femmes à compétences égales… L’eurodéputé frontiste Dominique Martin est allé jusqu’à promouvoir une « liberté de la femme à ne pas travailler [pour] s’occuper de [son] foyer ».

Le vrai visage de l’extrême droite

On savait déjà que le parti frontiste avait su tirer profit matériellement de ces postes, qui lui ont permis de rémunérer grassement élus et permanents au risque d’être aujourd’hui traîné en justice pour emploi fictif.

« Vous êtes anti-Europe mais ça ne vous dérange pas de piquer dans les caisses de l’Europe ! », lui avait envoyé à raison Philippe Poutou sur le plateau du Grand Débat, provoquant une explosion de sympathie autour de lui et sur les réseaux sociaux. Et quand on voit la politique que mènent dans la pratique les députés frontistes, ces sièges au Parlement Européen sont aussi l’occasion de se rappeler que, loin des tactiques électorales et de la démagogie en temps de campagne, Marine Le Pen est tout sauf la candidate des travailleurs et des classes populaires.




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