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Au second tour, Jean-Luc Mélenchon appelle à voter pour les frondeurs du PS

Les résultats du premier tour sont sans appel pour la France Insoumise : avec 8 à 18 députés (selon les estimations), le mouvement est très loin de pouvoir constituer la « majorité parlementaire » qu’il souhaitait. Interrogé sur RTL, Mélenchon a appelé à voter pour les frondeurs du PS qui seront présents au second tour. Source Photo : Ouest France

« Nous sommes candidats partout avec un objectif, gouverner le pays, constituer une nouvelle majorité » déclarait Jean-Luc Mélenchon il y a tout juste un mois. Après le premier tour des législatives, force est de constater que celui-ci est très loin du compte. Avec 11,02%, la France Insoumise connait une baisse conséquente par rapport au premier tour des présidentielles se retrouve en quatrième position, légèrement devant le Parti Socialiste qui s’est effondré lors de ce scrutin. Avec une projection de 8 à 18 députés gagnables (sur 74 présents) en raison d’un mode de scrutin à deux tours particulièrement antidémocratique, il n’est pas certain que la formation de Jean-Luc Mélenchon puisse parvenir à former un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, dont le seuil est fixé à 15 députés. Il pourra éventuellement compter, pour ce faire, sur les députés PCF, qui réalise 2,72% des voix même si les rapports entre les anciens alliés se sont largement détériorés depuis plusieurs mois.
Pourtant, malgré ces résultats en demi-teinte, c’est un Mélenchon optimiste qui est apparu au micro de RTL ce mardi matin. D’une part, celui-ci s’est félicité du climat de « dégagisme » qui a permis à un grand nombre de députés sortants de ne pas franchir la barre du premier tour, particulièrement en ce qui concerne le PS qui a connu une défaite historique. D’autre part, celui-ci s’est dit impatient de pouvoir affronter les nombreux députés de LREM : « Ils me font pas peur les 400 députés de Macron. C’est le contraire, je me pourlèche. Je connais la vie parlementaire. 400 bizuts qui arrivent dont la plupart d’entre eux sont des CSP+ qui sont habitués à la vie triomphante et glorieuse n’ont aucune espèce d’idée du monacat qu’est la vie de député. » Puis de rajouter : « Chaque fois qu’il y aura un débat, vous aurez une surprise ».
Ces déclarations pourraient paraître à première vue étonnantes. D’abord parce qu’avec un salaire de 7 100,15 € bruts mensuels et les enveloppes budgétaires supplémentaires (sans compter les magouilles et autres fillonneries pour faire augmenter leurs revenus), les députés sont très loin d’avoir une vie de « moine ». Surtout, difficile de croire que la large majorité obtenue par Macron ne soit pas un point d’appui suffisant pour voter ses réformes, notamment la destruction du code du travail qui sera faite par la voie des ordonnances.
Macron est en marche vers les pleins pouvoirs. Et si Mélenchon fait semblant de l’oublier et continue d’agiter le spectre d’une opposition parlementaire, c’est parce que son projet est ailleurs : celui-ci cherche avant tout à pouvoir constituer un appareil politique pour, comme il l’annonce, « remplacer le PS ». D’ailleurs, celui qui appelait avant le premier tour à voter pour la France Insoumise pour s’économiser « des kilomètres de manifestations » n’a, à aucun moment, évoqué le spectre d’une mobilisation dans la rue face aux attaques de Macron lors de son passage à la radio.
L’objectif immédiat de Mélenchon est de pouvoir former un groupe parlementaire plus important que celui que le PS et de devenir la première « opposition » de gauche à l’Assemblée Nationale. Un résultat loin d’être acquis car les socialistes et leurs alliés sont crédités pour l’instant de 20 à 30 postes de députés. C’est dans ce contexte que Mélenchon a fait une exception à sa règle vis-à-vis du PS et a appelé à voter pour les candidats frondeurs socialistes qui avaient voté la motion de censure contre le gouvernement Hollande, et même si ceux-ci disposent de l’investiture PS. Cela concerne 4 députés dans l’ensemble des circonscriptions : Régis Juanico (Loire), Barbara Romagnan (Doubs), Yann Galut (Cher) et Christian Paul (Nièvre). Un signe que les contours de « l’alternative » avancée par Mélenchon ont quelque peu changé après le premier tour des législatives : celui-ci se tient désormais prêt à recomposer certains morceaux d’un PS en voie d’explosion.




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