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Aubert & Duval supprime 70 emplois à Firminy

Publié le 28 octobre 2016

La direction d’Aubert & Duval a annoncé lundi 24 octobre ce que certains redoutaient : des suppressions d’emplois dans l’aciérie de Firminy, dans la Loire. 70 emplois, sans compter les retombés sur les sous-traitants. Et ceci avec les habituelles excuses bidons. Les salariés sont en grève depuis mardi et ont décidé de ne pas se laisser faire.

Camille Pons

Sur le site de Firminy, ce sont 230 salariés qui travaillent, à la forge, l’usinage ou l’aciérie. C’est cette dernière activité qui est visée par la direction, même si les impacts iront bien au-delà ; la CGT parle d’une possible fermeture totale en juillet 2017. Comme souvent, les raisons invoquées par la direction sont, à propos de l’aciérie, un carnet de commandes vide, une perte de rentabilité et un fonctionnement à 30% des capacités. "Quand vous voulez vous débarrasser de votre chien, vous dites qu’il a la rage." répond Zambo, ouvrier du site.

Autrement dit, le même panel d’arguments que dans à peu près tous les plans de suppressions d’emplois, comme récemment encore à Airbus Helicopters [http://www.revolutionpermanente.fr/Airbus-Helicopters-supprime-582-emplois] ou Latécoère [http://www.revolutionpermanente.fr/Latecoere-300-emplois-supprimes], entre de nombreux autres...

Des justifications d’autant peu crédibles qu’AubertDuval est une filiale du groupe Eramet, possédant 1.6 milliards de liquidité et dont l’action a augmenté de 52% depuis le 01 janvier 2016. Un groupe qui a largement de quoi supporter une baisse de commandes, si tant est qu’il n’ait pas lui-même organisé, ou plus ou moins laissé faire, comme le font souvent les groupes qui veulent fermer ou délocaliser une partie de leur production.

C’est une annonce qui a du mal à passer pour les salariés, d’autant plus que Laurent Wauquiez, Président (Les Républicains) du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, a voté une subvention de 1.2 millions d’euros pour l’entreprise, destinée à "défendre l’emploi et l’innovation" selon ses propres mots. Pour l’emploi, on repassera...

Toujours est-il que les salariés ont décidé de combattre ces suppressions d’emplois. En lançant un droit d’alerte, et donc une expertise, mais surtout en commençant mardi un mouvement de grève, qui serait suivi par une centaine de salariés. Une grève active, puisque les salariés se sont rassemblés mercredi devant le site, ont manifesté vendredi et se sont réunis en assemblée générale le même jour, en présence de soutiens extérieurs, syndicalistes et élus locaux.

Alors qu’Hollande nous parle de baisse historique du chômage, nous voyons se multiplier les "plans sociaux" et suppressions d’emplois. Comme les salariés d’AubertDuval, c’est en défendant chaque emploi, par la grève, que les travailleurs pourront inverser la tendance.