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Notre classe

Soutien aux salariés !

Audience cruciale pour les GM&S au tribunal de Poitiers

Chez GM&S, le conflit se durcit et les salariés font face demain à une audience cruciale au tribunal de Poitiers. Face à l'exaspération des salariés, Bruno Le Maire les a reçu hier et a « écouté » leurs revendications.

crédit photo - AFP/GEORGES GOBET

Face au gouvernement et à PSA et Renault qui font la sourde oreille, la colère des salariés

Ils l’avaient annoncé après le sursis donné, fin mai, par le tribunal de Poitiers : [« on est prêts à repartir en grève, du jour au lendemain »→http://www.revolutionpermanente.fr/Sursis-d-un-mois-pour-GM-S-on-est-prets-a-repartir-en-greve-du-jour-au-lendemain] avaient-ils prévenus. Face à la sourde oreille des constructeurs, Renault et PSA en tête, et l’inaction du gouvernement, les ouvriers sont repartis dans la bataille. En effet, mercredi encore, en comité d’entreprise, les salariés ont compris à quel point leurs vies comptaient peu pour le gouvernement et leurs patrons : aucune offre de reprise sérieuse n’était sur la table. Ce qui est en jeu, c’est la vie de près de 277 salariés, pour qui l’usine de la Souterraine est un des derniers employeurs de la région. Cependant, la seule offre de reprise, celle de GMD, un autre sous-traitant de l’automobile, ne propose de reprendre que 110 salariés. Or, pour les salariés, il est inconcevable de descendre en dessous de 240 reprises de postes, ce qui correspond tout de même à 37 emplois supprimés (beaucoup sont très proches de la retraite). Face à ce que propose le patronat, c’est à dire rien, les ouvriers ont tout simplement menacé de brûler l’usine.

Une réunion d’urgence à Bercy jeudi matin pour étudier les moyens d’obtenir un repreneur

Face à la perspective d’une usine de l’automobile en feu à une semaine de l’élection de l’Assemblée Nationale, Bruno Le Maire a convoqué expressément une réunion avec les représentants des salariés au ministère de l’économie. Yann Augras, délégué CGT nous explique : « ce qui a été demandé, c’est un prolongement de la période d’observation qui aille jusqu’au 30 septembre, et que les constructeurs nous aident à financer la période de juillet à septembre, sur les payes notamment, étant donné qu’ils ne donnent plus de travail ». En effet, dans l’affaire, ce sont bien les constructeurs, Renault et PSA, qui sont responsables de la destruction de ces centaines d’emplois, alors que leurs bénéfices se chiffrent en milliards. Ce vendredi 23 juin, l’audience du tribunal de Poitiers a donc pour enjeu central le prolongement de la période d’observation après l’été. Si ce n’est pas le cas, l’éventualité d’une liquidation pourrait aussi être sur la table, ce qui serait terrible pour tous les employés. Face à des groupes multinationaux qui emploient des milliers de salariés et qui sont prêts à presser les sous-traitants en organisant la concurrence entre eux, c’est bien une solidarité de classe entre tous les salariés du secteur qu’il faut construire.

C’est ce qu’explique Vincent Duse, de la CGT PSA-Mulhouse : «  il devient indispensable qu’un plan de bataille conséquent et commun soit proposé pour unifier toutes les usines touchées par les attaques, la répression, les licenciements ou carrément les fermetures, de GM&S au groupe PSA, en passant par Renault et toutes les entreprises sous-traitantes.  » Ce plan de bataille pour unifier ces batailles est crucial, à un moment où les 277 salariés de GM&S pourraient être tout simplement crucifiés sur l’autel du profit : « le combat des GM&S, ce n’est pas que le combat de 277 salariés de la Souterraine, c’est un combat qui doit être mené nationalement ! Si on ne se réveille pas, qu’on soit du public ou du privé, les prochaines années seront de plus en plus précaires quel que soit notre travail  » nous confiait Yann Augras il y a quelques semaines. Cette perte signifierait donc une défaite pour les salariés de la Souterraine, mais aussi pour les dizaines de milliers de salariés du secteur.




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