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Politique

Escalade répressive

Augmentation de 54% des tirs : les policiers se sentent pousser des ailes

En février 2017, le gouvernement faisait passer une loi assouplissant la définition de “légitime défense” dans le cadre d’utilisation d’armes à feu par la police. Heureux de cet élargissement de leur terrain de jeu, les policiers s’en sont donnés à cœur joie. En effet, un rapport de l’IGPN sorti cet été annonce : +54% de tirs entre 2016 et 2017 et 485 cas d’usage du pistolet de dotation, le SIG-Sauer.

La patronne de l’IGPN, Marie-France Monéger-Guyomarc’h, a précisé, a priori pour nous rassurer sur ces chiffres inquiétants : « la courbe de l’usage des armes à feu est à la hausse, mais celle du nombre de policiers mis en cause pour non-respect de la légitime défense, elle, reste stable ». Une manière de dire que les policiers auraient juste plus de raisons, sous-entendues "légitimes", (notamment le "refus d’obtempérer") de se servir de leurs armes.

Soit, puisque les "bavures policières", avec la loi qui assouplit les règles concernant la légitime défense, viennent d’être rendues légales, que la police possède désormais un permis de tuer réaffirmé et renforcé.

Ainsi, cet été, Romain âgé de 26 ans et Aboubakar Fofana, âgé de 22 ans, sont décédés suite à plusieurs tirs de gendarmes après avoir "refusé d’obtempérer" à des contrôles policiers (cité comme le cas où les policiers auraient le plus recours à leur arme de service).

Par ailleurs, la mise en application rapide et avec zèle de cette loi montre également que, du côté de la police, les forces de l’ordre étaient prêtes, et attendaient pour une partie d’entre eux de pouvoir jouer aux cowboys, en toute impunité. Conséquence inévitable d’une police sélectionnée et formée à coup de mythes sur la division entre bons et mauvais citoyens largement basés sur des préjugés racistes, légitimant l’usage de la violence pour “combattre le crime”, et faisant, au passage, de la police un bastion électoral stable pour l’extrême droite.

En définitive, cette loi, et surtout ses conséquences, l’augmentation de tirs et aussi de blessés et de morts, ne sont que la suite logique de l’escalade répressive démarrée sous Hollande, puis relancée de plus belle sous Macron, et révèle toujours plus le rôle réactionnaire de l’état bourgeois qui, au nom de la "sécurité" et sous prétexte de lutte anti-terroriste, tabasse et massacre les classes populaires.




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