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La vérité cachée depuis des mois : Le décès par asphyxie d’Adama Traoré confirmé par une contre-expertise

Le rapport de contre-expertise demandé par la famille, que Le Parisien a pu consulter, contredit la version du procureur en charge de l’affaire à l'époque.

Le document l’affirme clairement : « aucun signe ne permet d’évoquer un état infectieux antérieur » chez Adama Traoré. À l’époque, l’ancien procureur de Pontoise, Yves Jannier, avançait pourtant l’hypothèse selon laquelle Adama Traoré souffrait « d’une infection très grave » non mentionnée dans l’autopsie. Dans le même temps, l’ex-procureur de Pontoise évoquait également une absence de « trace de violence » en passant sous silence l’asphyxie, mentionné pourtant très clairement dans la contre-expertise : « L’ensemble de ces constations permet de conclure que la mort de Monsieur Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation – à l’occasion d’un effort et de stress ».

Ce rapport vient donc confirmer la thèse de la famille, que ce serait la prise effectuée par les trois policiers, qui avaient mis tout le poids de leurs corps cumulés sur Adama, qui serait responsable de sa mort. Une conclusion qui tombe sous le sens mais que la justice et les grands médias avaient cherché à camoufler à travers une série de justifications toujours plus improbables, comme celui d’une éventuelle « infection ». Des faits contredits aujourd’hui par la contre-expertise.

Cette révélation est à l’image du parcours de combattant que doit traverser la famille Traoré pour obtenir la reconnaissance de la culpabilité des policiers qui ont tué Adama. Elle vient mettre en lumière le rôle joué par la justice dans les affaires de violences policières pour systématiquement couvrir les policiers. Et à titre, le démenti par la contre-expertise des affirmations du procureur est loin d’être un fait isolé. Depuis que la famille cherche à prouver la culpabilité des policiers, elle a dû faire face à un acharnement judiciaire particulièrement intense. En un peu plus d’un an, ce sont quatre frères qui ont été interpellés par la police, sous les prétextes les plus divers, dont deux qui ont été condamnés. Les deux frères d’Adama, Bagui et Ysoufou Traoré, ont ainsi été condamnés respectivement à 8 mois et 6 mois de prison par le tribunal correctionnel de Pontoise, au prétexte de « violences et outrages contre des policiers ». Mais en réalité, c’est leur détermination sans faille à obtenir la condamnation des policiers qui ont tué leur frère qui a été réprimé.

Dans le même temps, les trois gendarmes mis en cause dans la mort d’Adama n’ont toujours pas été mis en examen. Que les gendarmes qui ont assassiné Adama soient condamnés ! Que les frères d’Adama et les centaines de jeunes arrêtés dans les quartiers lors des éruptions de colère après son assassinat soient relaxés ! Vérité et Justice pour Adama !




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