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Avant le G20, opération séduction pour Donald Trump à Varsovie

Alors que le G20 se tiendra le 7 et 8 juillet à Hambourg, Donald Trump est en visite à Varsovie ce jeudi. L’occasion de « redorer son blason » dans l’un des rares pays européens qui lui soit favorable.

« Trouvez-moi un pays européen où je serai bien accueilli ». Trump entend éviter un nouveau fiasco après ses visites de fin mai

Dès novembre 2016, la Pologne avait officiellement invité Donald Trump sur ses terres. Jusqu’à présent, le président américain n’avait daigné répondre. Cependant, la donne a aujourd’hui changé.

Les différentes visites de Donald Trump en marge du sommet de l’OTAN et du G7 ont en effet tourné au fiasco, provoquant de multiples manifestations hostiles au milliardaire. Le point d’orgue fut le passage du président américain à Londres, hautement symbolique au vu des liens historiques entre les deux pays, et qui avait débouché sur des manifestations massives malgré le caractère officiel de l’invitation de Theresa May. Depuis déjà deux jours, de nombreuses manifestations hostiles au G20 ont lieu à Hambourg et sont durement réprimées par la police berlinoise, qui use de ses canons à eau pour disperser les manifestants. De plus, les relations entre les Etats-Unis et une bonne partie des puissances européennes, à commencer par l’Allemagne, se sont très grandement refroidies ces dernières semaines. « Trouvez-moi un pays européen où je serai bien accueilli » aurait ainsi exigé Donald Trump à son équipe diplomatique, avant la tenue du G20 à Hambourg les 7 et 8 juillet prochain, qui devrait être l’occasion d’une passe d’arme tendue avec Vladimir Poutine.

La Pologne, menée par Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti Droit et justice (PiS), qui partage avec Donald Trump un certain nombre d’idées réactionnaires en matière d’immigration et d’islamophobie, faisait partie de la très courte liste des pays européens susceptible de répondre aux critères de recherche. Une façon de redorer le blason de Trump en quelque sorte, puisque celui-ci devrait prononcer un discours devant le monument de l’insurrection du 1er août 1944 contre l’occupation nazie à Varsovie. La presse locale proche du PiS en fait par ailleurs un évènement historique, appelant de ses vœux à une version polonaise du «  Ich bin ein Berliner » de Kennedy, entrant dans l’objectif affiché de Trump, qui tient à rassurer son électorat nord-américain, en étant acclamé sur le vieux continent.

Des enjeux énergétiques ?

« Il vaut mieux que Trump aille en Pologne qu’en Arabie saoudite » a raillé Sigmar Gabriel, le chef de la diplomatie allemande le 26 juin dernier, en référence à la visite du président américain dans le golfe, source d’un conflit de grande ampleur. Derrière cette boutade réside une véritable crainte d’un approfondissement des divisions au sein de l’UE, entre pays de l’ouest et les douze pays européens de la Baltique à la mer Noire et à l’Adriatique (Pologne, Lituanie, Estonie, Lettonie, Hongrie, Autriche, Slovénie, Croatie, République tchèque, Slovaquie, Roumanie et Bulgarie). Une crainte qui est à relativiser toutefois, puisque Donald Trump a depuis cette déclaration été invité au défilé du 14 juillet à Paris par Emmanuel Macron, nouveau « chef des armées françaises ».

L’un des enjeux de cette visite, plus problématique pour la Russie de Poutine, est de nature énergétique. En effet, la Pologne souhaiterait se libérer de sa dépendance, ou tout du moins en partie, au gaz russe et s’approvisionner en gaz américain, ce qui aurait donc pour conséquence l’entrée en jeu d’un nouveau concurrent en Europe centrale.

Une situation qui ne risque pas de détendre les relations entre les Etats-Unis et la Russie, mais également avec l’Allemagne. En effet, cette dernière est actuellement à la tête d’un projet de gazoduc qui acheminerait du gaz russe en Europe. Une course à de juteux contrat, auquel s’ajoute la course au marché de l’armement. De quoi attiser un peu plus les tensions entre grandes puissances occidentales.

Crédits photos : REUTERS/Carlos Barria




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