^

Politique

L’association devient un parti

Avec Les Patriotes , Philippot entend incarner la figure de l’extrême droite « dédiabolisée »

Ce vendredi 29 septembre, le très fraîchement débarqué du FN, Florian Philippot, a annoncé que son association Les Patriotes serait dorénavant un parti politique à part entière.

Crédit Photo : vu sur Le Monde

« Il y a les Marcheurs, il y a les Insoumis et, désormais il y a les Patriotes. »C’est par ces mots que Florian Philippot a annoncé la « transformation » de son association Les Patriotes en parti politique, ce vendredi. Président et fondateur de la désormais ex-association, Florian Philippot avait subi les foudres de certains cadres du Front National, dont il était le vice-président, ce qui l’a conduit à démissionner la semaine dernière. En effet, Marine Le Pen lui avait posé un ultimatum pour quitter la présidence des Patriotes… et Philippot avait décidé de prendre la porte, avec grand fracas.

« C’est juridiquement un parti, mais ça n’est pas un parti parce que nous ne voulons pas justement faire comme les partis traditionnels, très hiérarchiques, où tout part d’en haut. Moi je souhaite qu’on puisse fédérer toutes les bonnes volontés » a ainsi déclaré Florian Philippot, laissant entrevoir la possibilité d’être membre des Patriotes et d’une autre formation politique. L’objectif affiché est on ne peut plus clair : devenir « un point de ralliement pour tous les patriotes ».

Recomposition à l’extrême droite de l’échiquier politique

Alors que le Front National traverse une profonde crise depuis les épisodes électoraux de l’année dernière, et dont le départ de Florian Philippot lui-même est un événement majeur, le président des Patriotes entend capitaliser sur le terrain de la « dédiabolisation », et ce, en amont du congrès du parti de Marine Le Pen, qui est aujourd’hui ouvertement une concurrente.

« Je souhaite qu’on puisse fédérer toutes les bonnes volontés. Les femmes et les hommes qui ont la France au cœur partout » explique ainsi Philippot tandis que des contacts ont été noué avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et qui avait soutenu Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. « Nous allons nous revoir rapidement avec Nicolas Dupont-Aignan, mais il n’adhérera pas avec Les Patriotes » a expliqué Philippot à ce sujet. Une déclaration et une situation qui démontre qu’à l’extrême droite du champ politique, les recompositions pour incarner la figure du rassembleur à même de briser le « plafond de verre » auquel le FN s’est heurté sont aujourd’hui loin d’être terminées.

Les temps à venir seront par ailleurs cruciaux dans ce processus. Quel sera le « pouvoir d’attraction » des Patriotes sur les cadres et militants du Front National ? La réponse à cette question semble en partie conditionnée aux résultats du congrès du parti frontiste, prévu début 2018, et qui annonce une bataille féroce entre les franges les plus « traditionalistes » du parti et l’aile tendant à poursuivre la politique de dédiabolisation incarnée par Marine Le Pen.




Mots-clés

Florian Philippot   /    Marine Le Pen   /    FN   /    Extrême-droite   /    Politique