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Avec la bataille pour la succession de Castaner, des tensions à venir au sein de LREM ?

Nommé ministre de l'intérieur, Christophe Castaner laisse vacant le poste de délégué général de la République En Marche. De quoi aiguiser l’appétit des prétendants au poste, et la possible émergence de tension à quelques mois des Européennes.

Crédit photo : Bertrand GUAY / AFP

Prévenant, suite au départ de Castaner au ministère de l’intérieur, Philippe Grangeon – proche d’Emmanuel Macron et délégué général par intérim de La République En Marche – aura martelé une idée fixe durant tout le week-end. Devant le conseil du mouvement présidentiel, mais aussi à l’occasion de l’événement coorganisé par LREM, la fondation Jean Jaurès et la Fondation pour l’innovation politique, Grangeon a fait passer son message : La lutte pour la succession de Christophe Castaner ne doit pas être la source d’une guerre des tranchées en interne.

Alors que la course à la candidature s’ouvrira le 29 octobre (et jusqu’au 14 novembre) pour une élection express le 1er décembre, de nombreuses figures de proue de la macronie ne cachent pas leur volonté de briguer le trône. Si Grangeon a d’ors et déjà annoncé ne pas se présenter, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, les députés de Paris Stanislas Guerini, Pierre Person et Sylvain Maillard, ou encore le député des Français de l’étranger Joachim Son-Forget devraient déposer leur candidature. Une lutte express potentiellement explosive donc, où chaque candidat voudra frapper fort et vite. Pour Grangeon, il s’agit donc de maintenir le cap durant ces événements internes : d’une part, faire en sorte que LREM poursuive son travail de soutien sans faille à la politique du gouvernement ; d’autre part, préparer les élections européennes, qui s’annoncent aussi cruciales qu’imprévisibles, le tout en maintenant l’appareil uni. Pas une mince affaire, donc.

Surtout que la rentrée sociale est marquée par la crise de la macronie. Après un été particulièrement chaotique, Macron a non seulement vu sa cote de popularité dégringoler, mais il a aussi encaissé les départs de ministres emblématiques, et de députés du groupe présidentiel à l’Assemblée Nationale. Le remaniement ministériel suite au départ de Collomb a été le plus long de l’Histoire de la V° République, avec une série de refus pour le pourtant très convoité poste de ministre de l’Intérieur, et ce avant de se rabattre sur la solution interne Castaner. Autant dire que les facteurs d’approfondissement de la crise, et d’accentuation des tensions interne, ne manquent pas dans cet période pré-candidature interne.

Alors que « l’affaire Mélenchon » est aujourd’hui au centre de l’attention médiatique, éclipsant pour un temps les soubresauts de la crise de la macronie, il est clair que l’exposition au grand jour des contradictions du mouvement présidentiel ramènerait Macron et les siens à la dure réalité. Pour l’heure, le « président des riches » se tient en tout cas à l’écart des affaires internes de son mouvement, déléguant la tâche à son fidèle Grangeon. Cela suffira-t-il à éviter un approfondissement de la crise au sommet ? Rien n’est moins sûr.




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