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Politique

Le pire reste à venir

Baisse des retraites complémentaires des salariés du privé dès 2019

La fusion des régimes de retraite complémentaire du privé actée en 2015 doit entrer en vigueur en 2019. Les négociations en cours sont très défavorables aux salariés, qui pourront voir le niveau de leur pension baisser fortement, ouvrant la voie aux réformes du gouvernement Macron en ce qui concerne la casse du système de retraite actuel.

Un accord datant du 30 octobre 2015 prévoit la fusion de l’Agirc et l’Arrco d’ici 2019, deux régimes complémentaires de retraite du privé, le premier étant pour les cadres et l’autre pour tous les salariés. Ce mercredi, le patronat et les syndicats négocient les modalités de ce futur système.

Des pensions réduites

Les retraites complémentaires fonctionnent avec un système à point – que Macron souhaite étendre au régime de base également. Ces points ont une valeur qui pourra être modifiée, et donc rendre le niveau des pensions réelles modulables pour les salariés du privé. Ainsi, sous couvert de combler un déficit dans la caisse de l’Agirc-Arrco, le nouveau régime unifié pourra jouer sur « la valeur de service du point » pour réduire le niveau des pensions perçues.

La CGT dénonce ainsi le fait que cet accord « ouvre la possibilité de planifier des baisses de la valeur de service des points, donc des baisses nominales de pensions y compris pour les retraités actuels ».

Le grand argument du patronat et du gouvernement réside dans le fait que ce sera un régime à « cotisation définie », c’est-à-dire que les cotisations versées par les patrons et indirectement par les travailleurs n’augmenteront pas. Mais de fait, les économies seront effectuées directement sur les pensions perçues par les salariés à la retraite. Ce sont les pensions qui deviendront la variable d’ajustement.

Des salaires en baisse, tout comme les retraites

Par ailleurs, si les accords prévoient que les cotisations salariales restent fixes pour les années qui suivront la fusion des régimes, elles vont augmenter entre aujourd’hui et 2019 et donc faire diminuer les salaires net. Par exemple, cela devrait être de l’ordre de 30 € annuels en moins pour celles et ceux qui ont un salaire inférieur à 2000 euros par mois.

De plus, dans le lot de mauvaises surprises que nous réserve ce nouveau système, et qui préfigure les réformes à venir du gouvernement Macron pour l’ensemble des retraites, les accords en passe d’être signés prévoient un malus pour celles et ceux qui prendront leur retraite en 2019 et les années qui suivent. De l’ordre de 10 % en moins sur la pension les trois premières années, ce malus ne pourra être évité qu’en travaillant au moins une année de plus. Travailler plus, pour gagner… moins.

Et si le système de retraite actuel est déjà loin d’être satisfaisant, ayant été attaqué de toutes parts par les gouvernements successifs, favorisant les plus riches et ne permettant pas à la majorité des personnes âgées de vivre décemment, cela ne va faire que s’aggraver. Selon une étude demandée par les signataires des accords, le niveau de pension va baisser de 9 % en quinze ans. Ainsi, pour 100 euros cotisés ont passerait de 7,25 euros de pension aujourd’hui à 5,77 euros en 2033.

Face à cette attaque en cours qui donne un avant-goût de la très prochaine réforme des retraites de Macron, il est nécessaire d’organiser une riposte massive.

Crédits photo : Capital




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