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Genres et Sexualités

#Balancetonporc #metoo …

#Balancetonporc, les violences de genre débattues publiquement

Suite à la visibilisation médiatique des agressions sexuelles et viols qui ont eu lieu dans le milieu culturel, autour du producteur et cinéaste Harvey Weinstein, au reportage sur le harcèlement sexuel au travail diffusé sur France 2, au scandale de l’affaire du viol d’une fille de 11 ans ; les violences faites aux femmes ont pris une place importante dans le débat public ces dernières semaines. Plusieurs hashtags sont apparus depuis quelques jours sur Twitter et sur d’autres réseaux sociaux où sont relayées et dénoncées les violences et agressions par des victimes et des survivant-es de ces violences.

Violences de genre, violences de masse

Au travail, dans le cadre du foyer ou de la famille, dans la rue ou dans le métro, aucun espace apparemment, qu’il soit public ou privé, ne semble être épargné par les violences de genre. Mais cette campagne, à travers les hashtags #Metoo #Balancetonporc, frappe aussi par son ampleur. Chaque femme semble avoir vécu dans sa vie une agression liée à son genre et les réseaux sociaux se retrouvent à faire office d’immense caisse de résonance de cette réalité du patriarcat moderne.

Les chiffres statistiques officiels parlent de plus de 200 femmes violées par jour en France, chiffres en continuelle augmentation. On ne quantifie pas les harcèlements de rue mais il est probable que chaque femme et minorité de genre s’y expose dans l’espace public. Quant aux harcèlements au travail, on ne cesse de rappeler l’immense difficulté de lutter contre les rapports de pouvoirs liés à la hiérarchie et la difficulté pour les femmes en général de défendre leurs droits et leur intégrité sur leur lieu de travail. Est par exemple estimé à plus de 90% le pourcentage de femmes perdant leur emploi suite à des accusations de harcèlement sexuel.

Débat public, tout le monde s’en mêle…

Si cette campagne visibilise à grande échelle les violences de genre, elle est accompagnée par un discours général individualisant, et presque moralisateur sur les violences de genre, à l’instar d’une Carla Bruni qui estime qu’il faut « dire aux femmes qu’elles peuvent parler », d’un Raphaël Enthoven qui explique aux femmes qu’elles devraient plutôt porter plainte, les peoples, les intellectuels et les politiques ont tous leur mot à dire, plus aux victimes d’ailleurs qu’aux« porcs ».

L’autre réaction qui interpelle est celle d’Emmanuel Macron qui, au détour d’une interview dimanche soir, encourage les victimes à « rompre le silence » et a annoncé un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles notamment en direction des forces de l’ordre qui pourraient verbaliser un éventuel harceleur de rue.La première chose à affirmer, c’est que ce ne peut être cette police sexiste qui attouche sexuellement, et viole qui peut nous protéger.

Qu’il soit essentiel d’obtenir de nouveaux droits pour la lutte contre les violences de genre est une évidence, tant par exemple il très difficile pour les victimes de viol de porter plainte ou de même reconnaître l’agression qu’elles ont subies. Cependant, et ce d’autant que la mobilisation collective des premières concernées n’est pas encore d’actualité, il n’y aucune illusion à avoir de la part de ceux qui, en définitive, maintiennent et perpétuent un système qui est structuré par les violences de genres. L’hypocrisie est absolue quand on fait le tour de son gouvernement, et enpremier lieu Darmanin qui est l’expression de la réaction à savoir de la « Manif pour tous », « théorie du genre » et interdiction du voile au gouvernement.Et les masques tombent quand Macron annonce qu’il pourrait enterrer la veille la PMA pour toutes

Plus en général,la difficulté individuelle à exprimer ces violences n’est-elle pas conditionnée par un patriarcat que le système capitaliste a intégré et structuré pour diviser notre camp social ?Son bras armé, la police, n’est-elle pas le premier écueil pour une victime lorsqu’elle souhaite que son agression soit prise en charge par la justice (combien de témoignages révèlent des humiliations supplémentaires que représente, pour une femme ou une minorité de genre, le dépôt de plainte au commissariat, ou encore le corps médical ?), Sans même parler de l’idéologie dominante et patriarcale qui au travers de sa culture du viol minimise constamment, voire normalise, les violences faites aux femmes.

Porcs de tous pays…

Quand Macron, dès les premiers mois du quinquennat, impose sa Loi Travail XXL qui frappe de plein fouet les femmes travailleuses, comment pouvons-nous imaginer que l’État qu’il dirige saura mettre fin aux violences patriarcales ? Si l’État nous accorde au compte-goutte, et parfois après de dures luttes, des droits démocratiques pour reconnaître et punir les violences de genre, il a bien vite fait de reléguer les drames du patriarcat à l’échelle individuelle, comme s’il n’avait aucune responsabilité !

Maintenant que ces violences de genre retentissent sur la voie publique, c’est à nous de nous approprier notre lutte pour nos droits, notre émancipation et notre liberté, sans aucune illusion pour les institutions bourgeoises qui se réclament depuis quelques années d’un féminisme qui ne fait que semer des illusions sur une hypothétique fin du patriarcat sous leur capitalisme. Les dates ne manquent pas pour se faire entendre. Pour n’en citer que deux, samedi 21 Octobre prochain se déroule l’Existrans, marche des personnes trans et intersexes dont le slogan cette année est justement « Trans, Non Binaires et Intersexes contre vos violences ! » Et bien sûr, le vendredi 25 Novembre sera la Journée de la Lutte contre les Violences faites aux femmes… Porcs de tous pays, ne nous libérez pas, on s’en charge !




Mots-clés

#MeToo   /    harcèlement sexuel   /    sexisme   /    Violences faites aux femmes   /    Genres et Sexualités