Débats

Avec un pic de 250 participant.e.s

Barcelone 2016. Une semaine internationaliste réussie

Publié le 27 juillet 2016

Comité de rédaction

Du 13 au 18 juillet dernier s’est tenue, à Can Bosc près de Barcelone, la première université d’été des quotidiens en ligne du réseau international "La Izquierda Diario", impulsé par les groupes de la Fraction Trotskiste - Quatrième Internationale en Europe : Izquierda Diaro.es (Clase contra Clase), Klasse Gegen Klasse (RIO, Revolutionären Internationalistischen Organisation) et Révolution Permanente (Courant Communiste Révolutionnaire). Une semaine de débats et d’échanges riches autour de thématiques diverses (internationalisme, droits des femmes et des personnes LGBTQI, lutte des classes en Europe ou bien encore questions stratégiques et du parti) qui, avec une moyenne de 200 participants et un pic à 250 le samedi, a été un véritable succès.

Lutte des classes en France et mouvement Black Lives Matter. Sous le signe de la solidarité et pour préparer les luttes à venir

"Prolétaires de tous pays, unissez-vous !". Cette devise chère à Marx aura été mise au cœur de la journée "lutte des classes" de l’université d’été. Bien évidemment, la situation en France, avec plus de 5 mois de luttes contre la loi travail, été très présente lors du débat... replacée dans son contexte international. L’intervention de Vincent Duse, parlant de son expérience à PSA Mulhouse, en a été un exemple frappant. Dans cet esprit, les camarades allemands ont ainsi parlé de la lutte au sein d’Amazon, tandis que ceux de l’Etat Espagnol évoquaient la lutte à Télépizza pour faire partager, à l’échelle internationale, les expériences de la lutte des classes, et pour dresser des bilans à échelle européenne, afin de mieux préparer les luttes à venir. Bien entendu, la place prise par la jeunesse dans le mouvement contre la loi travail a aussi été au centre des discussions, avec une intervention d’Elsa, militante CCR de Paris 1, au début du plénier, et mettant en exergue l’importance stratégique de l’alliance entre la classe ouvrière et les étudiants, dans le mouvement actuel et pour les prochaines batailles.

Autre temps fort de la semaine : la vidéo de soutien au mouvement black lives Matter. Par des photos et plusieurs vidéos, l’ensemble des participants au camp - la décision a été prise en plénier - a tenu à envoyer un signal fort de soutien internationaliste contre les violences policières, racistes et xénophobes. De nombreux chants ont été entonnés, regroupant le temps d’une vidéo les différentes luttes et se concluant, bien évidemment, par l’Internationale. Un moment fort de convivialité et de camaraderie, d’autant plus en la présence de deux camarades militants aux États-Unis, qui luttent au jour le jour au sein du mouvement Black Lives Matter. C’est dans ce cadre que les camarades de RIO ont également pu partager leur expérience au sein du collectif anti raciste « Jugend gegen Rassismus » (la jeunesse contre le racisme), mis en place pour lutter contre la montée de la xénophobie en Allemagne, le mouvement Pegida en étant un exemple éclairant, mais aussi de la part du gouvernement Merkel, friand de chasse aux migrants et de stigmatisation des étrangers.

Internationalisme, question de genre et stratégique ... en phase avec l’actualité politique

Plus globalement, la journée consacrée à l’internationalisme, dans un contexte d’exacerbation des tensions, a été un moment important de la semaine avec, en invité, la présence de camarades du PCL (Italie) mais aussi d’Antonio Liz, historien qui a notamment pu apporter son point de vue sur la révolution espagnole de 1936. La question de la crise économique mondiale, abordée par Damien Bernard et disponible en intégralité, a permis d’aborder cette question complexe d’un point de vue marxiste, une réflexion mettant l’accent sur la formation de nouveaux foyers à même de déclencher une nouvelle catastrophe économique mondiale. De plus, la situation politique agitée par-delà les murs de Can Bosc, et la vision d’une échéance politique en phase avec l’actualité, ont non seulement donné lieu à l’élaboration d’article sur le putsch en Turquie ou encore sur l’attentat de Nice. En ce sens, l’introduction du plénier du vendredi a été "mise à jour" pour ouvrir la discussion à la lumière des derniers éléments d’actualité politique.

Mais "l’internationale" ne se limite pas à l’Europe, et les militants du MRT (Brésil), par la voix de Leandro - ouvrier dans une raffinerie du groupe Petrobas - et du PTS ( Argentine) et par celle de Nicolas Del Caño - candidat pour le FIT au dernière élection présidentielle - ont adressé un message vidéo aux participants du camp de Barcelone.

La journée intitulée Parti et Révolution, initiée par une formation sur le mouvement autonome, mettant en lumière l’historique de cette mouvance mais pointant aussi les délimitations stratégiques avec les révolutionnaires marxistes a été aussi un moment fort. Tout comme l’atelier animé par Emmanuel Barot, enseignant-philosophe à l’université du Mirail, intitulé Communisme, Etat et dictature du prolétariat qui a permis de revenir sur les quelques fondamentaux de la révolution en temps que processus politique, dans la perspective de la construction d’une société débarrassée de toutes oppressions.

Lors de la journée consacrée aux questions de genre et LGBT, allant des discussions sur la théorie queer jusqu’à la question de la prostitution, une nécessité a été pointée du doigt : les questions de genre et LGBT se doivent d’être une préoccupation constante, en temps de "paix" mais aussi lors des différents épisodes de la lutte des classes. L’expérience des camarades de l’État Espagnol lors de la lutte de Panrico - lutte emblématique qui a duré plus du 8 mois, soit la grève la plus longue depuis la fin de l’ère Franco – l’a bien illustré en montrant concrètement comment peut se mener une politique féministe lutte des classes et pro-ouvrière, loin des considérations et préjugés des politiques staliniennes ou post-modernes. Ce fut l’occasion de montrer en quoi le marxisme est un outil à même de développer une véritable stratégie d’émancipation des femmes et des personnes LGBT.

En d’autres termes, les différents temps forts de l’université ont remis au goût du jour l’un des mots d’ordre chers à Trotsky, écrit en lettres d’or dans le Programme de transition et qu’il voulait inscrit sur le drapeau de la IV° Internationale : "Place à la jeunesse, place aux femmes travailleuses !"