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Culture et Sport

Critique de film

« Battle of the sexes » : lutte victorieuse pour l’égalité salariale des joueuses de tennis

Actuellement au cinéma, le dernier film de Jonathan Dayton et Valerie Faris, interprété par Emma Stone et Steve Carell, retrace la lutte de la joueuse de tennis Billie Jean King pour l’égalité des primes entre hommes et femmes dans le tennis professionnel.

Dans l’ensemble des sports professionnels, le tennis figure comme une exception. Á Roland-Garros, à Wimbledon, à l’US Open, les femmes gagnent autant que les hommes. Comment les joueuses de tennis sont-elles parvenues à obtenir ce que ni les footballeuses, ni les basketteuses, ni les handballeuses n’ont conquis ? Les dirigeants du tennis seraient-ils plus féministes ? Loin de là, il s’agit d’un héritage conquis de haute lutte par les joueuses de tennis dans les années 70 et dont le film « Battle of the sexes » retrace l’histoire.

Tout commence avec la volonté des organisateurs de tournois de tennis aux États-Unis de payer les femmes huit fois moins que les hommes. Un certain nombre de joueuses de tennis se révoltent, parmi les meilleures mondiales, et créent une organisation alternative, la Women’s Tennis Association (WTA). Rapidement, la plupart des joueuses se tournent vers cette structure en dépit des menaces de la fédération de tennis étasunienne. Aujourd’hui, c’est la principale organisation de compétitions de tennis féminin à travers le monde.

L’exposition médiatique devient maximale lorsque l’une de ces joueuses, Billie Jean King, accepte le défi d’un tennisman à la retraite, Bobby Riggs, un vieux macho persuadé qu’un homme même plus âgé peut battre les meilleures joueuses de tennis mondiales et que la place des femmes est « dans la chambre et dans la cuisine ». Les insultes machistes pleuvent sur Billie Jean King avant la rencontre – diffusée en prime time – qui devient le symbole de la valeur du tennis féminin. Billie Jean King se chargera alors de remettre l’ego de ces phallocrates à leur place.

Ce film, remarquablement mis en scène et interprété, nous replonge dans le contexte des années 70, de la puissance des revendications féministes de l’époque, mais aussi d’une période où l’homophobie la plus rance est encore dans toutes les têtes. Au-delà de la lutte pour la reconnaissance du tennis féminin, ce film romance la vie de Billie Jean King, une jeune fille de milieu modeste qui s’est hissée au plus haut niveau du tennis mondial tout en luttant pour la défense de l’égalité femmes-hommes et les droits des homosexuel-le-s.

La lutte des joueuses de tennis pour l’égalité salariale est bien sûr celle de travailleuses d’élite qui vivent dans l’aisance, même si elles subissent le sexisme ambiant, alors que le quotidien de millions de salariées, c’est en plus des salaires de misère, parfois des harcèlements sexuels au travail qui font rimer oppression patriarcale avec exploitation patronale. Mais s’il y a quelque chose que « Battle of the sexes », Billie Jean Kings et ses collègues peuvent nous apprendre, c’est que seule la lutte paie !

Crédits photo : www.rogerebert.com




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