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Monde

Une défaite historique pour le CSU

Bavière : Echec électoral de la coalition de Merkel

Le CSU, aile droite de la coalition social démocrate, a perdu sa majorité dans la région de Bavière, score historique pour le CSU qui y détenait une majorité absolue depuis 1957. Un chamboulement qui risque d’affecter la stabilité du système Allemand, la Bavière étant une région de première importance politique et économique en Allemagne, ce qui nécessitera pour le centre bourgeois de se repositionner, et possiblement de chercher de nouveaux alliés.

Avec un score de seulement 37,2% aux élections régionales de Bavière, soit 12% de moins qu’aux dernières élections il y a 5 ans, le CSU (union social chrétienne) perd la majorité en Bavière, que le parti contrôlait depuis plus de 60 ans. Ce au profit de l’AFD (extrême droite), qui fait donc son entrée au parlement avec 10,2% des suffrages exprimés, mais surtout au parti écologiste Die Grünen, qui enregistre un score de 17,8%, soit près de 8% de plus qu’il y a 5 ans. Le SPD, gauche de la coalition Merkel, tombe sous la barre des 10%.

Comme on peut le voir, le centre bourgeois qui est au pouvoir en Allemagne s’effrite, ce qui ne date pas d’hier : le SPD qui avait été forcé, après les élections fédérales de 2017, à rejoindre la coalition CDU-CSU, est en perte de vitesse, ce qui a forcé ses dirigeants à adopter les positions plus à droite afin de continuer à gouverner. Une politique mal vue par ses militants, qui voyaient le SPD comme une caution de gauche au gouvernement Merkel. Quant à la droite de la coalition, le parti conservateur CSU Bavarois, n’a pas hésité à remettre en cause la politique migratoire de Merkel, notamment l’accueil de près de 1 millions de migrants en Allemagne en 2016, ce qui leur a fait perdre une partie de leur électorat le plus conservateur au profit de l’AFD. Seulement, vu le revers que vient de prendre ce dernier pendant les élections de Bavière, il est fort probable que le gouvernement Allemand cherche à faire un virage et à remanier son gouvernement.

Dans ce contexte, le CSU, qui est exclusivement présent en Bavière, sera le premier touché par cet échec : Horst Seehofer, ministre de l’intérieur, qui fut très critique contre Angela Merkel, risque fort d’être mis à l’écart du gouvernement. L’occasion pour le gouvernement de faire du ménage dans ses rangs, et d’exclure les membres les plus dérangeants.

Pour pouvoir continuer à gouverner, le gouvernement Merkel devra tenter de se renforcer, probablement à gauche, surtout vis-à-vis du SPD, dont les militants ne sont que très peu convaincus de la politique menée par le gouvernement. Egalement, malgré des tentatives de négociation infructueuses l’an dernier avec le parti écologiste Die Grünen, une nouvelle tentative de les faire entrer dans la coalition n’est pas exclue.

Pour autant, il ne faut pas surestimer l’instabilité Allemande : les élections en Bavière auront surtout un impact à court terme sur l’aile droite de la coalition, le CSU, les effets contre la coalition se feront plus sentir à long terme. Seulement le sol commence à se dérober sous le centre politique bourgeois, dû à la crise économique qui commence à se faire sentir en Allemagne, et ce sont du centre que les masses se détournent, de moins en moins convaincus que leurs mesures ultralibérales puissent finalement les protéger de la crise et du chômage.




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