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Politique

On ne plaisante pas avec les traditions

Beau palmarès au FN. Les nouveaux présidents sont pétainistes et négationnistes

En route pour le second tour, Marine Le Pen fait son possible pour faire taire le nauséabond de son parti. Mais même le père Le Pen aux oubliettes, difficile de trouver un président par interim qui ne soit pas tout aussi puant.

Première cartouche : le négationniste et escroqueur

Le coup médiatique était pourtant bien pensé : laisser la présidence du FN pour se consacrer à ces dernières semaines de campagne et valoriser ainsi un profil « indépendant » aurait pu permettre de faire oublier un temps le parti d’extrême-droite dont elle est issue. C’était sans compter que parmi les cadres du FN, il est difficile de trouver une personnalité aux mains blanches. Le premier choisi, Jean-François Jalkh, membre historique du Front National, a dû jeudi jeter l’éponge, face à une accusation de négationnisme. Celui-ci aurait en effet exprimé son admiration pour « la rigueur » de Robert Faurisson, théoricien négationniste reconnu. Il cherche aujourd’hui à se défendre en expliquant qu’il ne faisait que relayer les propos de tels auteurs. Mais où voir de la rigueur, quand ces « théoriciens » n’ont pour but que de nier le génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, pour pouvoir réaffirmer leur antisémitisme ?

La direction du Front national ne s’y est d’ailleurs pas trompée, en évacuant au plus vite le personnage, trois jours seulement après sa nomination. C’est aussi que derrière le pétainisme pur jus se cachait l’escroqueur de fond public : en effet, Jean-François Jalkh, pourtant chargé des affaires juridiques et des élections, depuis 2012, est loin d’être un homme blanchi. En 2015, il est mis en examen pour « escroqueries, abus de confiance et acceptation par un parti politique d’un financement provenant d’une personne morale » dans l’affaire du micro-parti « Jeanne », créé par les proches de Marine Le Pen. Il est également mis en cause dans l’affaire des soupçons d’emploi fictif d’assistants parlementaires de Jean-Marie Le Pen. Ce qui, en tout état en cause, ne semblait pas poser problème au parti avant que son discours négationniste ne sorte au grand jour après son intronisation.

Deuxième cartouche : le raciste

Pour mieux rebondir, la direction du parti a décidé de nommer comme président par intérim Steeve Briois, maire de Hénin-Beaumont et figure du « municipalisme frontiste ». Bien que celui-ci se prétende humblement « de droite » et cherche à s’entourer d’élus qui ne viennent pas du Front national, il n’a rien à envier à son prédécesseur.

Si lui ne s’est pas étendu sur la Seconde Guerre mondiale, il ne s’est néanmoins pas privé d’avoir des propos d’un racisme sans édulcorant, ce qui lui a valu d’être visé par une enquête pour des messages à caractère haineux sur les réseaux sociaux. Il s’était notamment distingué par une sortie sur twitter :

Il est par ailleurs connu pour lui aussi bien protégé les « affaires » et casseroles du FN, allant jusqu’à pointer un doigt d’honneur aux journalistes d’Envoyé Spécial qui souhaitaient investiguer sur le sujet.

Au Front National, décidément, on a du mal à cacher l’héritage et les traditions de l’extrême-droite française la plus décomplexée. « Dédiabolisé » mais résolument raciste, et opposé aux intérêts des travailleurs.




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