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Notre classe

Un « carnage social »

Belgique : Face au massacre de l’emploi, 27 magasins Carrefour en grève ce vendredi

Ce mardi, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard a annoncé un « plan de départ volontaire » : suppressions de postes au total. Jeudi, la direction annonçait que 1233 postes risquaient d'être touchés en Belgique (1053 en hypermarché et 180 au niveau du siège social). Une annonce qui ne passe pas auprès des salariés qui se sont dés lors mis en grève. 27 magasins sont restés fermés ce vendredi.

L’annonce fait mal. Le plan de restructuration, pour ne pas dire plan de casse de l’emploi, de Carrefour, le n°3 mondial du secteur de la grande distribution, prévoit la suppression de 2 400 emplois, compris en partie dans un « Plan de sauvegarde de l’emploi » qui concerne les travailleurs de 273 magasins Dia. Sur ces 2400 postes, 1233 visent les travailleurs belges du groupe, soit 11% des effectifs en Belgique.

L’ironie qui fait rire jaune ? C’est tout l’argent que Carrefour s’est mis dans les poches avec le CICE, déduction d’impôts pour les entreprises mise en place sous Hollande sous couvert d’une prétendue incitation à l’embauche. Selon un rapport de la CGT sur les comptes consultés par CheckNews, le syndicat estimait que Carrefour aurait ainsi épargné 134 millions en 2016, chiffres que le groupe lui-même n’a pas voulu communiqué mais qu’il n’a non plus pas démenti. Fin décembre, la CGT avait porté le chiffre jusqu’à 400 millions en comptant toutes les aides de l’État, lors d’une conférence de presse.

Carrefour compte se mettre au goût du jour en se tournant vers le « bio » et le commerce en ligne a-t-on annoncé, et autre chose en vogue, en supprimant des milliers d’emploi.

Les salariés ripostent avec un mouvement de grève

Les salariés du groupe en Belgique n’ont pas attendu d’éventuelles négociations sur le plan de sauvegarde de l’emploi pour passer à l’action. Les fermetures et plans de licenciement touchent majoritairement les hypermarchés qui composent 45 des 785 magasins Carrefour présents en Belgique.

Sur ces 45 hypermarchés, ce sont 24 d’entre eux qui se sont mis en grève, suivi par certains autres magasins de plus petite taille en solidarité. Dès le lendemain de l’annonce, 27 magasins sont restés fermés, notamment en Wallonie et à Bruxelles, s’ajoutant aux onze qui avaient déjà fermés les portes la veille. La plupart de ses fermetures se sont décidées en assemblée des personnels.

Les modalités des suppressions de postes pour les travailleurs restent encore incertaines. Ce qui est certain c’est que ce genre d’attaques ne cessent de se répéter par les patrons qui cherchent de plus en plus à augmenter leurs profits. Un « carnage social » selon un des syndicats. Or, cette combativité de la part des ouvriers belges, qui sont qui ultra-précarisés dans ces emplois et soumis à d’énormes pressions, est remarquable. Face à cette attaque du géant Carrefour, il est nécessaire que cette grève soit suivie en Belgique par l’ensemble des salariés, mais également partout ailleurs où les emplois sont menacés.




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