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Monde

Racisme meurtrier

Belgique. Humilié et victime de racisme, un homme s’immole devant un tribunal

Mardi 18 avril, un homme de 38 ans originaire du Maroc, a tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant devant le tribunal de police de Courtrai (Flandres occidentales), en réaction désespérée face au racisme et aux humiliations répétées.

Peu de temps avant de mettre à exécution sa tentative de suicide, Chafik s’était pris en vidéo. Désespéré, il explique être exaspéré par le racisme et les humiliations quotidiennes qu’il subit.

Les autorités locales se sont acharnées contre moi, à cause d’elles, j’ai du fermer mon salon de coiffure et j’ai fait faillite…

Mardi 18 avril, il se rend au tribunal de Courtrai où il comprend que le document qui pourrait lui permettre de rester en Belgique ne lui sera pas délivré. Dans un acte désespéré face à cette situation qui ne faisait qu’empirer, au racisme d’État et à l’absence d’issues, il a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu. Peu après être sorti du tribunal, Chafik est revenu avec un bidon d’essence et a allumé un foyer à une quinzaine de mètres du bâtiment, avant de mettre le feu à ses vêtements au moment où la police arrivait sur place. Les secours, déjà présents, ont éteint le feu et ont transporté la victime à l’hôpital, entre la vie et la mort. Il présentait de graves brûlures sur plus de 35% du corps.

Si aujourd’hui ses jours ne sont plus comptés d’après ses proches, il est primordial de prendre conscience des mécanismes qui ont poussé cet homme à accomplir un tel acte de désespoir. Des personnes qui le connaissent personnellement assurent que son geste avait pour but de « protester contre la hogra et l’humiliation exercée par les fonctionnaires de l’administration belge à son encontre ».

Ces faits sont une preuve de plus que le racisme est structurel, et qu’il est mortel. Chafik est loin d’être la seule personne à faire les frais d’un racisme d’État. Certains, comme Adama ou Shaoyo Liu en France en sont morts. D’autres, comme Théo, ont été violés, humiliés, par le bras armé de l’État – la police.

La solidarité avec toutes les victimes de racisme est indispensable pour que plus jamais il n’y ait de Chafik.

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