^

Impunité policière

Belgique. Une fillette de 2 ans tuée par des policiers lors d’une véritable chasse aux migrants

Ce Jeudi, les migrants kurdes du camp de Grande Synthe se sont réunis pour occuper l’autoroute A16 dans le but de faire entendre leur colère après le meurtre d’une petite fille abattue par la police belge lors d’une course poursuite où ceux-ci ont tiré à balle réelle sur une camionnette, tuant ainsi l’enfant de 2 ans.

Crédits photos : François Lenoir // Reuters

Un Drame illustrant le traitement des migrants en Europe

Le drame s’est produit tard dans la nuit de jeudi à vendredi , tandis que la police belge pourchassait des migrants. La petite fille âgée de 18 mois a ainsi reçu une balle de la police à destination de la camionnette dans lequel s’entassaient les migrants. C’est dans les environs de Namurs, sur la route habituelle des passages vers l’Angleterre, que la camionnette aurait été interpellée une première fois par la police. En voulant interpeller la camionnette, la police belge engage alors une course poursuite sur l’E42 et ouvre le feu. La petite fille atteinte d’une balle, aurait alors succombé à l’hôpital après l’interpellation du véhicule.

La petite fille kurde faisait partie du camp de migrants de la commune de Grande Synthe, près de Dunkerque. L’émoi et la colère des migrants se sont exprimés jeudi, aux environs de midi, sur l’autoroute A16, où étaient réunis plus d’une soixantaine d’entre eux, avant d’être délogés puis interpellés par les forces de répression.
Membre de l’association Salam Dunkerque, Claire Maillot témoigne dans Libération : « nous sommes arrivés pour la distribution [de nourriture, ndlr] comme tous les midis, mais il n’y avait presque personne, toutes les familles étaient sur l’autoroute. On nous a alors expliqué qu’une camionnette de passeurs avait emmené hier soir 25 personnes au moins. La police belge a voulu les interpeller, le passeur ne s’est pas arrêté, comme souvent, et les policiers ont tiré sur la camionnette, et auraient tué le bébé de 18 mois »

Cet événement tragique illustre le traitement et les conditions de vie des migrants parvenus jusqu’en Europe. Venue d’Irak et des provinces kurdes, ils sont des centaines à s’entasser dans des camps où insalubrité et misère coexistent. Tentant par tous les moyens de rejoindre L’Angleterre, les passeurs font ainsi leur beurre sur ce qui résulte de la gestion européenne de l’arrivée des migrants. Le meurtre de cette petite fille âgée d’à peine 18 mois montre ainsi l’impunité et l’indifférence des gouvernements européens quant aux sorts qui leur est réservé. Sous couvert de mener une politique migratoire, c’est une véritable chasse à l’homme qui s’ouvre sur les territoires européens. S’armant des mesures « antiterroristes », la police peut ainsi, en toute impunité, tuer migrants et demandeurs d’asile, comme le montre ce tragique événement.

L’hypocrisie des médias et des autorités belges

On relèvera également l’attitude scandaleuse des médias et des politiciens belges, pointant les migrants comme responsables du drame. En effet, le même jeudi, le parquet de Mons affirmait que la petite fille n’était pas décédée des suites des tirs. Le porte-parole du procureur prétextait alors la maladie ou encore le comportement dangereux des migrants comme cause du décès. L’autopsie a quant à elle révélé que la petite fille était bel et bien décédée suite à une blessure par balle, ne laissant aucun doute quant à la responsabilité de la police dans cette affaire. Depuis, le ministre de l’Intérieur belge a exprimé sur twitter sa peine suite à ce drame, accusant le trafic d’êtres humains d’être la cause de ce type d’événement. Chose peu étonnante, Jan Jambon, ministre de l’Intérieur belge, ne remet ainsi pas en cause la politique et les décisions prises par ses confrères européens siégeant à Bruxelles, alimentant pourtant de manière direct ce « trafic » de migrants engendrant ces drames en fermant leurs frontières à tous les réfugiés, en parquant dans des camps ceux qui réussissent à atteindre le sol européen et en alimentant un dispositif de répression criminel.

Crédit : @ ALAIN JULIEN / AFP