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Politique

Justice de classe

Benalla a-t-il au moins été suspendu quinze jours ? Un cadre de la préfecture dément puis rétropédale

Alors que la commission d’enquête continue ses auditions, un nouveau témoignage est venu, hier, contredire les propos de l’Élysée, en affirmant qu’Alexandre Benalla avait continué à se réunir en tant que chargé de mission dans la période où il était censé être sanctionné. L’Élysée a démenti et depuis, Alain Gibelin, directeur de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de Paris, est revenu sur ses déclarations, expliquant s'être... trompé de date.

Crédit photo : Maxppp - Stéphane Geufroi / Ouest France

Nouveau rebondissement dans l’affaire Benalla : auditionné hier par la commission d’enquête parlementaire, Alain Gibelin, directeur de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de Paris (DOPC), a affirmé qu’Alexandre Benalla était présent à au moins une réunion entre le 2 et le 18 mai, alors que l’Élysée avait affirmé il y a quelques jours qu’il avait été mis à pied entre ces deux dates.

Un mensonge de plus pour l’Élysée, dont la communication, très minimale, est déjà vue par certains comme un aveu de culpabilité. Même si le palais présidentiel récuse les dires du DOPC, ceux-ci sont on ne peut plus équivoques. A la question : « Comme vous nous avez indiqué tout à l’heure que monsieur Benalla était présent à l’intégralité de ces réunions [concernant les déplacements d’Emmanuel Macron dans Paris], il ne vous est pas apparu qu’un jour monsieur Benalla n’était pas présent à l’une des réunions qui ont pu avoir lieu entre le 2 et le 18 mai ? », le cadre de la préfecture a tout simplement répondu « non ».

Une réponse qui laisse donc planer le doute : Alexandre Benalla a-t-il été sanctionné par l’Élysée ? Le gouvernement a démenti une telle accusation et Alain Gibelin est lui même revenu sur ses déclarations. Dans une lettre adressée à la présidente de la commission d’enquête, il explique qu’il aurait mal compris la question, confondant le 18 mai avec le 19 juillet.

Si jusqu’ici c’était la faiblesse de la sanction qui faisait scandale, cela pourrait maintenant être l’absence totale de sanction pour un homme qui a tabassé un manifestant le jour - symbolique - du 1er mai. Une fois de plus, après l’arbitraire policier, c’est la justice de classe qui est mise à nue : alors que le 1er mai, une centaine de manifestants ont été arrêtés et de nombreux condamnés pour des « attroupements en vue de commettre des dégradations », autrement dit manifester, les condamnations allant jusqu’à des peines de prison, le collaborateur du président est exempt de toute sanction. Un système à double vitesse entre celles et ceux qui se battent contre les réformes du gouvernement et ceux qui comptent les faire appliquer, à coups de matraque s’il le faut.




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