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Politique

Nouvelles révélations

Benalla affirme être sollicité par l’Elysée et échanger régulièrement avec Emmanuel Macron

Dans un entretien avec Mediapart, Benalla enchaîne les révélations : il est en contact régulier avec Macron, rend-compte de ses voyages et de ses rencontres et ce serait l’Elysée qui lui aurait restitué volontairement en septembre les passeports diplomatiques qu’il avait rendu.

L’affaire Benalla est décidément bien plus complexe que ne le prétend l’Elysée, qui a toujours cherché à réduire à une dérive individuelle ce qui apparaît de façon croissante comme une véritable affaire d’Etat, dévoilant une face occulte du pouvoir.

Lors d’un entretien réalisé avec Mediapart hier, Benalla a en effet déclaré continuer d’être en contact régulier avec Emmanuel Macron. « Il affirme avoir échangé de manière régulière avec Emmanuel Macron, mais aussi d’autres membres de la présidence, jusqu’aux récentes révélations de Mediapart sur son utilisation d’un passeport diplomatique en dépit de son éviction de l’Élysée. » résume ainsi le journal.

Le contenu de ces échanges est ici troublant, puisque Benalla explique également rendre compte au président et à ses interlocuteurs de la présidence de l’ensemble de ses voyages et rencontres. Surtout, Benalla précise être régulièrement sollicité par l’Elysée : « C’est quand même facile pour l’Élysée de couper le cordon avec moi s’il le voulait vraiment. Il suffit d’arrêter les sollicitations ou de ne pas me répondre. Personne ne m’a jamais rien dit. »

Ces derniers jours, après que Mediapart ait révélé qu’Alexandre Benalla voyage actuellement avec un passeport diplomatique qui lui a été délivré le 24 mai 2018 – et ce en dépit du décalage évident entre l’importance des fonctions « officielles » du garde du corps et la possession d’un tel passe-droit – l’affaire Benalla s’est affirmée de façon claire comme une affaire d’Etat.

Sur ce point aussi, Benalla apporte de nouvelles précisions troublantes. Il affirme en effet avoir restitué ses passeports diplomatiques… avant que ces derniers ne lui soient rendus – au milieu de d’autres affaires - par un émissaire de l’Elysée en septembre, lequel lui aurait précisé « « Tu ne fais pas de bêtises avec. ». « La personne qui me les rend le fait sur instruction. Qui peut donner l’instruction ? A minima le directeur de cabinet du président, ou au mieux le secrétaire général de l’Élysée. » explique ainsi Benalla.

Les ramifications de l’affaire Benalla n’ont, semble-t-il, pas fini de nous surprendre. Quel est le rôle exact joué par ce proche d’Emmanuel Macron ? Quelle est la nature des liens que celui-ci entretient avec Alexandre Djouhri, homme d’affaire français soupçonné d’être impliqué dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy ? Quelles sont les véritables missions de Benalla lors de ses prétendus voyages d’affaires en Afrique et dans le monde ?

Une chose semble certaine, l’hypothèse d’une simple dérive individuelle d’un second couteau s’efface de plus en plus, tandis que croît la possibilité de nouvelles révélations qui pourraient, dans un contexte de fragilité extrême du pouvoir, s’avérer explosives.

Crédit photo : CHARLY TRIBALLEAU. AFP.




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