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Politique

Opération greenwashing

Biodiversiterre : 100 000 fleurs rouges et bleues pour nourrir le rêve écologique du capitalisme.

Durant 4 jours, la place de la république à Paris était belle et fleurie, pleines d’associations pour l’environnement et presque paysanne, avec ses « viandes racées » , enfin ses vaches perdues au milieu de Paris.. Lors du démontage, une partie du travail des jardiniers a été mis aux ordures et ceux qui travaillaient à ça n'avaient pas le droit de donner les fleurs aux passants qui les réclamaient. Encore une fois était planté là un mirage de bonne conscience.

Biodiversiterre : « une prise de conscience écologique, économique et sociale »…



Après avoir fleuri les Champs Élysées, ou créé l’arche de la COP 21, l’artiste Gad Weill est venu sur cette place emblématique avec un tapis végétal de 20 000 m2. « Il s’agit dans cette période de mutation de notre vie collective de montrer l’élan qui nous porte à plus de discernement dans nos rapports avec la nature. (…) BiodiversiTerre est une leçon de choses à ciel ouvert. »



Une leçon de choses à ciel ouvert… voilà ce qu’aimerait nous faire croire tous les adeptes du greenwashing, un procédé marketing utilisé afin de redorer, de mettre au vert son image.



…Ou une mise en scène schizophrène ?



Avec un coup de 1,8 M€, financé par des partenaires privés et les filières professionnelles, comme par exemple “Laviande”, alors que l’élevage de bétail dans le monde est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, ou Klorane qui avait dressé un gigantesque ballon plastique entre les stands dénonçant le gaspillage plastique, l’évènement sensationnel était plein de contradictions

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Les plantes fournies par la Ville devaient être redistribuées aux jardins partagés de la capitale et à des associations. Cela a été fait mais en partie seulement. Car une partie était sans pot et devait servir de compost. Mais une fois le soir tombé, il restait encore des plantes en pot -de plastique- et celles-ci étaient congédiées à la benne à ordure de la même manière que les supermarchés lacèrent la nourriture périmée afin que personne ne puisse la récupérer. Dans le capitalisme, il faut vendre, il faut acheter ! Et les chefs veillent au grain. 



Le « consom’acteur » Une individualisation d’un problème structurel

« Oubliez les douches courtes ». Dans cet édito, publié en 2009, l’activiste et écrivain américain Derrick Jensen, critique cette façon de vouloir rejeter la faute sur les individus, car de toute façon, les gestes individuels ne peuvent pas suffire. 


« La culture de la consommation et la mentalité capitaliste nous ont appris à prendre nos actes de consommation personnelle (ou d’illumination) pour une résistance politique organisée. »

Et cette idéologie, ce marketing, s’est bien installée comme le montre la dernière campagne publicitaire de Max Havellar afin de promouvoir les produits issus du « commerce équitable » où est par exemple représentée une jeune femme mangeant du chocolat : « je n’en suis pas à ma troisième tablette, je me bats pour un monde plus juste ! ».



Or, il est évident que la responsabilité n’est pas à chercher auprès du consommateur individuel, mais bel et bien d’un mode de production, le système capitaliste, qui exploite les hommes comme la nature. 






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