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Jeunesse

450 en AG avec les cheminots pour décider la poursuite du mouvement

Blocage et occupation à la fac de Poitiers. C’est reparti de plus belle !

« We’re back, Vidal ». C’est par ces quelques mots, en lettres rouges, tracées à la bombe sur une poubelle qui bloque l’entrée de l’Hôtel Fumé, que les étudiantes et les étudiants de Poitiers annoncent leur retour dans le mouvement. Et plus déterminés que jamais.

[Crédits photo : CR pour RévolutionPermanente et AG de l’UP]

C’est sur le campus de centre-ville, en Sciences Humaines et Arts, qu’a été organisée l’AG de rentrée, lundi, après deux semaines de pause pédagogique. Il en fallait plus pour émousser la détermination des étudiants mobilisés contre la Loi ORE et la politique du gouvernement. Avec, en plus, la répression sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et l’expulsion de Tolbiac, vendredi dernier, le mouvement étudiant de Poitiers n’est pas resté longtemps inactif.

Dans un Amphi Bourdieu absolument comble, en présence d’une quarantaine de cheminots grévistes CGT et FO qui, le matin, avaient organisé une opération péage gratuit, il a été décidé de l’occupation de la fac de SHA et du blocage illimité de l’entrée principale. A 450, il s’agit de la plus grosse AG depuis le début du mouvement, en février. Cela montre non seulement l’ancrage de la mobilisation, mais aussi la profondeur du mécontentement.

Pour la première fois également, un certain nombre d’enseignants-chercheurs sont intervenus et discutent, ouvertement, de la question des partiels et de leur validation. L’entrée en mouvement des personnels, au-delà de la solidarité diffuse dont ils ont témoigné jusqu’à présent, est absolument essentielle pour mettre l’ensemble des sites de l’université en grève, convaincre largement et rejeter le chantage aux partiels pratiqué par la ministre.

Jeudi, une grande AG d’information devrait se tenir, avec des cheminots en lutte, pour exposer les raisons de leur combat, pour la défense du service public du rail, et avec les étudiants, pour expliquer les ressorts discriminants et injustes du Plan étudiant. Les cheminots, d’ailleurs, ont promis d’intervenir à tout moment, compte-tenu de la proximité entre la gare et l’Hôtel Fumé, en cas de menace d’évacuation par la police. Côté lycéen, plusieurs militantes et militants qui ont été au cœur des blocus, violemment réprimés, ces dernières semaines, étaient également présents, mardi matin, pour échanger et envisager des actions.

La nécessité de tenir de nouvelles AG, de pouvoir voter un agenda de lutte et des résolutions, pour montrer que le mouvement est bel et bien majoritaire, et lier la mobilisation, à Poitiers, à la mobilisation, au niveau national, par l’envoi d’une délégation à la prochaine Coordination Nationale Etudiante seront autant de questions centrales pour que le mouvement étudiant, à Poitiers, puisse agir, comme en 2006, comme un détonateur des colères et se lier, plus fortement encore à la mobilisation cheminote en cours. A l’époque, par des AG massives, avec des prises de décision en AG et des votes, l’université de Poitiers avait été l’un des moteurs de la mobilisation au niveau national.




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