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Jeunesse

Suite à la nomination du gendarme-proviseur...

« Blocus intérieur » à Stains : la police entre dans le lycée pour réprimer les lycéens

« Une élève attrapée par les cheveux en pleine crise d'asthme », des élèves ciblés arbitrairement par des policiers. Lundi 19 novembre, les élèves du lycée décidaient d'organiser un « blocus intérieur » dans leur lycée pour protester contre la nomination d'un gendarme-proviseur. Les policiers de l’équipe Mobile de Sécurité ont réprimé sauvagement les élèves.

Dans leur communiqué, le personnel du lycée indique que lundi matin, les alarmes incendies ont été déclenchées plusieurs fois. Les élèves voulaient organiser un blocus interne et une manifestation dans l’établissement. Alors que le communiqué signale des incidents : « trois départs de feux dans des poubelles éteints par des élèves et un lavabo et des canalisations fendus dans les toilettes », c’est le prétexte pour réprimer les élèves mobilisés. Manu militari, prétextant des dégradations d’élèves, les Equipes Mobiles de Sécurité (EMS) envoyées par le Rectorat de Créteil sont intervenues dans le lycée pour mettre fin à la mobilisation contre le proviseur-adjoint gendarme, en poste depuis le 5 novembre dans le lycée.Les élèves se sont vus interdire l’accès aux toilettes puis uniquement sous le contrôle du proviseur. L’alarme incendie a été coupée.

Surtout, le communiqué du personnel mobilisé indique des actes de violences de la part des EMS : « Des équipes mobiles de sécurité ont violemment attrapé une élève par les cheveux en pleine crise d’asthme devant plusieurs de ses camarades ». « Des élèves ont été arbitrairement ciblés dans le couloir alors même que ceux-ci n’avaient aucun comportement répréhensible et ont été menacés de conseils de discipline et de dépôt de plainte à la police ».

Cette réponse du Rectorat manifeste une fois de plus obsession sécuritaire du gouvernement. Suite à la nomination du gendarme en poste dans l’établissement, l’objectif est clair : dissuader les lycéens de se mobiliser et d’exercer leur liberté d’expression, leur droit à manifester et de les confiner à leur ghetto.

C’est qui les casseurs ?

Les casseurs ce sont ceux qui réduisent à peau de chagrin les moyens dans l’éducation notamment dans les quartiers populaires et à fortiori dans les zones d’éducation prioritaire. Lycées, collèges et écoles dans le 93 sont surchargés, délabrés, délaissés. La baisse des moyens dans l’éducation est systématique.

Le lycée Utrillo est un exemple flagrant de cette politique de casse de l’éducation publique. L’année dernière, le lycée a connu de suppressions de postes d’Assistants d’éducation (suite à la suppression de 200000 contrats aidés). Parallèlement, les effectifs d’élèves augmentent et le lycée souffre d’un manque de personnel d’éducation : Conseiller principal d’éducation, assistants d’éducation, des postes de professeurs qui ne sont toujours pas pourvus. Le lycée Utrillo, dont tout le monde reconnaît que de nombreux élèves vivent des situation de grande précarité manque aussi de personnel de santé : infirmière, psychologue, médecin scolaire. La situation devient intenable.

C’est pourquoi le personnel refuse la réponse du gouvernement et du rectorat qui est d’envoyer un flic afin de palier le manque de moyens humain et matériel.

Or, les élèves des quartiers populaires subissent déjà grandement le mépris de la police, les contrôles aux faciès et la répression systématique de la violence d’Etat. « Et on veut employer des flics au sein des écoles, à peu près un des seuls endroits où ils pouvaient échapper à leur présence » témoignait un enseignant prenant la parole lors du rassemblement appelé par le personnel en grève du lycée. En effet, les mêmes qui entendent placer « un flic dans chaque classe », sont les mêmes qui mènent des politiques de régression sociale qui appauvrissent les plus pauvres, qui ne cessent des baisser les moyens dans les écoles des quartiers populaires. La véritable violence, elle vient de là.

C’est pourquoi, les élèves et les personnels de l’établissement n’ont pas l’intention de se taire. Ils comptent bien poursuivre leur mouvement pour que le poste de ce proviseur-adjoint gendarme soit supprimé et que son salaire serve plutôt à embaucher du personnel d’éducation, AED, CPE.




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