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Syrie

Bombardement du convoi humanitaire à Alep : la trêve menacée

Publié le 20 septembre 2016

Bombardements américains à Deir ez-Zor sur les forces d’Assad vendredi, blocage des convois humanitaires par les forces loyalistes d’Assad depuis plus d’une semaine, et désormais bombardement d’un convoi humanitaire enfin acheminé à Alep causant la mort d’un employé du Croissant-Rouge… La trêve instaurée entre la coalition et des forces russo-syrienne, sur la base de l’accord Kerry-Lavrov, conclu la semaine dernière n’aura pas duré longtemps. En attendant, dans ce jeu de puissance où chaque belligérant tente de tirer son épingle du jeu, ce sont les civils qui sont une fois de plus, les premières victimes.

Nina Kirmizi

Si les russes tout comme les forces d’Assad ont officiellement nié avoir bombardé le convoi humanitaire dans la nuit de lundi à mardi dans la zone d’Alep, certains éléments portent à leur charge. D’abord parce que les forces rebelles qui occupent actuellement Alep ne détiennent pas de force aérienne ; ensuite parce que la succession des événements depuis vendredi montre que l’on s’achemine progressivement vers la fin d’une trêve, faite de provocations du côté américain comme des forces loyalistes, pouvant mener vers l’annulation de l’accord Kerry-Lavrov, qui en est à l’origine.

Une trêve fragile depuis sa mise en place

 
Cette trêve négociée entre les États-Unis et la Russie repose essentiellement sur un pacte temporaire qui avait pour but de concentrer les efforts militaires sur les forces de Daesh et de l’ex-Front Al Nosra, le Front Fatah Al Chama, proche d’Al-Qaïda, et pour les États-Unis de mettre la pression sur les forces rebelles pour qu’une partie d’entre elles rompent avec ce front.

Dès le départ, c’est le trouble jeu. La Russie a rapidement contesté la trêve en rappelant que les forces rebelles ne la respectaient pas, notamment à Alep ; les forces pro-Assad jouant leur rôle pour empêcher la ville d’Alep d’être ravitaillée alors que les convois sont prêts à la frontière turque depuis bientôt une semaine. Tandis qu’à partir de vendredi, le climat s’est sensiblement dégradé, avec la frappe américaine de Deir ez-Zor : une « erreur » selon le Pentagone qui déclarait viser les forces de Daesh, mais qui a touché et fait 90 morts au sein de l’armée syrienne pro-Assad.

« Agression flagrante »

 
Alors qu’Assad accuse les États-Unis d’avoir commis « une agression flagrante » contre son pays, les bombardements reprennent dimanche soir à Alep, et lundi les convois humanitaires sont également visés, ses stocks détruits et un humanitaire du Croissant-Rouge tué. Représailles russes après « l’erreur » américaine ? Possiblement. Mais alors que l’Assemblée Générale de l’ONU de mardi soir s’est donné comme objectif de mettre un terme à cette escalade de tensions, la situation fait craindre l’annulation de la trêve et de l’accord americano-russe. En attendant, les morts des civils syriens qui continuent à se multiplier alors que les forces de la coalition internationale et les russes cherchent à avancer leurs pions dans le bourbier syrien.

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