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Politique

Terrorisme

Bombonne, kalash et kamikaze. Nouvel attentat sur les Champs

Un homme a foncé sur une colonne de camionnettes de gendarmes, lundi après-midi, en plein cœur de Paris, à quelques encablures du Palais de l’Élysée. Raison de plus pour Gérard Collomb, premier flic de France, pour justifier un durcissement de l’état d’urgence par son inscription dans le droit commun.

La tentative d’attentat de lundi est plus sérieuse que les précédentes, à la fois par l’armement de l’individu au volant de la Mégane que par son mode opératoire. Fiché S, l’homme a foncé sur une colonne de camionnettes d’un escadron de gendarmerie, ce qui présuppose, en amont, une capacité de repérage et, de par son armement, une kalashnikov et plusieurs armes de poing alors que la voiture était piégée, qu’il ne s’agit pas, comme dans les attaques antérieures (Louvre, Champs, parvis de Notre-Dame) d’une opération lancée par un individu isolé. S’étant tué au cours de la collision volontaire, selon la thèse du Parquet anti-terroriste, ou abattu par les gendarmes, peu d’informations filtrent quant à l’identité de l’auteur de cette tentative d’attentat, qui s’appellerait Adam D., alors que de premières perquisitions ont déjà commencé dans la nuit de lundi à mardi.

Enfonçant des portes ouvertes, Gérard Collomb, nouveau ministre de l’Intérieur de Macron, s’est rendu à proximité du square de Marigny pour souligner d’un air grave devant les journalistes qu’à « nouveau les forces de sécurité [avaient] été visées » et que « le niveau de menace [était] élevé ». Au même moment, comme si de rien n’était et que les deux situations n’étaient pas liées, Macron recevait à l’Élysée Abdallah II de Jordanie, monarque-dictateur, marionnette aux mains des occidentaux, grand-ami de la coalition anti-Daech et inquiet de la stabilité du royaume hachémite, menacée par le chaos régional contre lequel il souhaite lutter en s’appuyant plus que jamais sur les impérialistes. Parallèlement, les frappes contre l’Irak et la Syrie, dans le cadre de la « reconquête » de Mossoul et de Raqqa, se poursuivent, avec leur cortège de « dommages collatéraux » et avec tout ce que cela implique en termes de renforcement du régime fantoche irakien et, pour la Syrie, du camp de Bachar al-Assad et de l’opposition pro-impérialiste.

Dans ce cadre, avec une poursuite voire un renforcement de l’ingérence, de l’immixtion et de la déstabilisation de la région par les impérialistes, Paris en tête, on ne peut s’attendre qu’à un accroissement des actions terroristes djihadistes. A mesure où Daech va perdre du terrain, l’organisation va augmenter ses actions asymétriques, dans le monde arabe, première cible des attentats, mais également en Europe, par le biais de ses réseaux.

Mais pour Gérard Collomb comme pour ses prédécesseurs socialistes, la solution passe par une consolidation des lois liberticides. Les attentats renforcent l’autoritarisme du pouvoir qui les instrumentalise pour justifier les mesures qui sont prises. Collomb a ainsi avancé que non seulement il « proposerai[t] en Conseil des ministres [du 21 juin] une loi permettant de maintenir l’état d’urgence » mais qu’il escomptait également, « pour mieux sortir de l’urgence tout en maintenant des conditions de sécurité élevée et protéger efficacement […], prendre des mesures […] pour empêcher les attentats ». Jusqu’à présent, la fuite en avant liberticide a surtout fait le lit de toutes les justifications visant à restreindre durablement nos droits démocratiques, tout en accroissant le niveau d’interventionnisme impérialiste à l’extérieur. Un cercle vicieux dont ce gouvernement, comme le précédent, compte bien tirer parti.




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