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Bordeaux : Grève des assistantes de régulation médicale à l’hôpital Pellegrin

Un nouveau mouvement de grève a éclaté dans l’enceinte de l’hôpital le plus important de la région bordelaise mardi dernier, parmi les Assistants de Régulation Médicale (ARM). Une grève amplement majoritaire au sein du service qui vit depuis plusieurs années une dégradation importante des conditions de travail. Olivier Isidore

C’est vendredi 6 janvier, suite à la première réunion de négociation avec la direction dans laquelle toutes les demandes des travailleurs ARM ont été refusées que le mouvement de grève a démarré. Les représentants des travailleurs ont ainsi décidé de quitter la réunion, qui s’est conclu par le maintien du préavis de grève pour le mardi suivant, suite à l’attitude provocatrice et irresponsable de la part de la direction. Longues attentes téléphoniques, stress des employés, la direction du CHU de Bordeaux ne joue pas seulement avec la santé des travailleurs mais aussi avec celle des patients et de la population. Avec l’aide du syndicat Sud Santé, les ARM occupent tous les matins le rond-point situé à l’entrée de l’hôpital jusqu’à 11 heures du matin, commençant avec une assemblée générale, distribuant des tracts aux salarié-e-s et reprenant le travail dans l’après-midi.

Une pétition a été lancée sur Facebook par Sud Santé Sociaux pour soutenir le combat des ARM en lutte. Le service compte 48 assistant(e)s de régulation médicale, leur travail consiste à répondre aux appels reçus au SAMU33 Centre 15. Elles et ils sont ainsi le premier maillon de la chaîne des secours du SAMU et transfèrent les appels vers les médecins Samu ou les médecins libéraux pour les personnes en détresse. Ils peuvent être amenés à donner des conseils aux usagers et guider les gestes de premiers secours notamment en cas d’arrêt cardiaque en attendant l’arrivée du SAMU.

36 grévistes se sont mobilisés, sans impliquer les employés en CDD et intérim, pour éviter de mettre en danger le renouvellement de leurs contrats. Leurs revendications sont les suivantes : maintien des amplitudes horaires de travail actuelles, arrêt du démantèlement des équipes de nuit, constitution d’une équipe de jour et d’une équipe de nuit fixes, recrutement de 8 agents de nuit supplémentaires et des moyens pour la formation initiale et continue des ARM.

« Il y a 5 ans, on était 16 employés la nuit, à l’heure actuelle 6 seulement, donc le personnel de jour doit remplacer le personnel manquant la nuit, en prenant sur son temps de repos et en modifiant les plannings sans arrêt. Fatigue chronique, stress, sont monnaie courante dans notre service » nous a expliqué un employé du site. Depuis 2008 les conditions de travail se dégradent de plus en plus. Aujourd’hui les rappels sur le temps de repos sont devenus systématiques, autant que les nuits imposées. Le compteur des heures supplémentaires explose et les jours de congés ne peuvent être posés. A cause de ces modifications de plannings les employés n’ont plus de formation de remise à niveau. Cela détériore la qualité du service de l’hôpital déjà assez dégradé par les contraintes budgétaires imposées par la direction.

Cette nouvelle grève dans le CHU de Bordeaux qui s’additionne à celle des brancardiers, des ambulanciers du SMUR et les IADE (Infirmiers anesthésistes diplômés d’état) témoigne du fait que les travailleurs sont sur le pied de guerre contre les suppressions d’emplois et les coupes budgétaires dans le domaine de la santé. Jeudi le service administratif des admissions aux urgences s’est également mis en grève et a rejoint les collègues au rond-point où manifestent les ARM en signe de solidarité.

Seules la combativité et la solidarité entre les travailleurs de divers services pourra faire fléchir la direction de l’hôpital dont l’objectif se borne à réaliser du chiffre d’affaires en soumettant les employés à des conditions de travail dégradantes, en exposant la santé des travailleurs aussi bien que celle des patients, car l’appel mis en attente par manque de personnel peut se répercuter dans l’intégrité de la personne en détresse recherchant un secours à l’autre bout de fil.




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