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Contre les 1000 licenciements

Bordeaux : Journée de mobilisation en soutien aux Fords

Presque un millier de personnes de ce sont retrouvées au centre ville de Bordeaux, ce vendredi 9 mars, pour manifester leur soutien aux salariés de l'usine Ford Blanquefort en lutte pour leurs emplois.

C’est une usine où travaillent presque mille personnes que la firme veut abandonner, et elle n’en est pas à son premier coup d’essai : en 2009 déjà, Ford cédait le site à une firme allemande, HZ Holding, avant de finalement le reprendre en charge deux ans plus tard. Cette fois ci, Ford annonce vouloir quitter l’usine courant 2019. Etaient notamment présents pour afficher leur soutien des salariés GM&S, mais aussi des travailleurs de La Poste et d’hôpitaux.

La manifestation, prenant pour départ la place des Quinconces dans le centre ville, a démarré à midi et demie pour finalement arriver devant la préfecture de Nouvelle-Aquitaine à 1h30, en passant par le cours de l’Intendance et la place Gambetta. Le choix de l’heure d’arrivée ne s’est pas fait au hasard : une demie heure plus tard commençaient les négociations du comité de suivi de Ford Blanquefort, réunissant représentant syndicaux, élus locaux et délégués Ford. Un échange musclé, si l’on en croit les salariés alors présents.

Dès de début des négociations, les représentants de Ford se sont montrés hostiles aux syndicalistes et aux élus locaux, annonçant leur décision de ne plus s’engager que jusqu’à la fin de l’année 2018 sur le site de Blanquefort, revenant sur leurs annonces précédentes selon lesquelles le site serait pris en charge au moins jusqu’a fin 2019. Aucun progrès, donc, du côté de la direction de la firme, et ce malgré de nombreuses aides et promesses de la part de l’Etat depuis la première tentative de désengagement de Ford, il y a de cela neuf ans. Le constructeur s’était déjà engagé, en 2013, à maintenir au dessus de 1.000 le nombre d’emplois dans l’usine de Blanquefort au prix de versements publics : une promesse non tenue sans pourtant que les versements de l’Etat ne s’arrêtent ni ne baissent. Seule une maigre sanction avait alors été déclarée envers la firme : 3.000 euros de dommages et intérêts. Une bagatelle au yeux d’une firme dont les bénéfices s’élevaient à 1,56 milliards de dollars en octobre dernier. Pourtant, les aides de l’Etat de cessent pas.

Depuis 2011, la stratégie de Ford n’a pas changé : tenir un double discours afin de recevoir des subventions de la part de l’Etat, Etat qui ferme les yeux ou réagit mollement lorsque les promesses sont brisées. Ford agit depuis sa première tentative de fermeture du site en toute connaissance de cause, enchainant mensonge sur mensonge, promesse creuse sur promesse creuse. La multinationale semble d’ailleurs avoir beaucoup appris de son échec en 2011, lorsqu’elle avait été forcée de racheter le site.

En témoigne un document intérieur à la direction de cette dernière, qui tire le bilan de l’expérience et établit un plan de bataille afin de liquider le site en conservant une bonne image : chercher un racheteur dans le dos de l’Etat afin que ce dernier s’occupe de fermer le site, laissant à Ford les mains libres de toute culpabilité immédiate. Ceci explique d’ailleurs le manque total de projets de la firme qui a été choisie par Ford comme racheteur à l’égard du site de Blanquefort : le but véritable de la manoeuve n’est pas une reprise de l’activité sous un employeur différent, mais bien la fermeture de l’usine.

Lien du document, traduit de l’anglais.

Ce document, il n’est pas inédit aux yeux du gouvernement : ce rapport avait été remis a Bruno Le Maire le 2 mars, à Bercy. Ainsi, s’il se veut conciliateur, l’Etat semble bien peu déterminé à s’opposer réellement à la direction de Ford, et pour cause : ceux qui siègent à l’Elysée et à l’Assemblée ne sont pas les alliés des travailleurs et ne feront rien pour les défendre, Macron l’a bien prouvé par sa politique. La seule véritable opposition à Ford se fera dans la rue et par la grève, à travers la solidarité des travailleurs et de tous les secteurs en lutte avec les salariés du site de Blanquefort, dans tout le pays. Seule une véritable pression économique pourra enfin faire plier Ford, et puisque, une fois n’est pas coutume, l’histoire a bien montré qu’il n’y a rien à attendre de l’État dans ce conflit, il reviendra aux salariés de le faire, par leurs propres moyens.




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