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Politique

Le bras armé de l'Etat

Bordeaux. « Main arrachée, blessure à la mâchoire, poumon perforé » : la police et les gilets jaunes

A Bordeaux comme ailleurs, le mouvement des Gilets Jaunes a manifesté massivement. Un cortège bon enfant de 4000 personnes. Arrivée à Place Pey-Berland, la manifestation de Gilets Jaunes et CGT, les CRS ont commencé à gazer, puis à tirer au flash-balls : un homme a eu la main arraché, un autre a été grièvement blessé à la mâchoire, un troisième a eu un poumon perforé par un flashball.

Crédits photos : Placage cathédrale à Pey-Berland (LPI/Rue89 Bordeaux)

Jusqu’au samedi 24 nombreux étaient les appels relayés sur les réseaux sociaux et certains scandés dans les manifs demandant aux forces de l’ordre capitaliste de s’unir au mouvement des Gilets Jaunes, poser les casques et non réprimer les manifestants.

Ce que nous avons vu samedi à Paris, Bordeaux, Toulouse, et toutes les grandes villes de France démontre quel est le rôle des institutions de répression de l’Etat, gardiennes de l’ordre bourgeois que si même exceptionnellement ou de manière individuelle, elles viennent poser leurs casques à terre pour ne pas réprimer. Mais cela ne change pas le caractère réactionnaire de cette bande d’hommes armés qui, en définitive, protège ce système politique et économique qui nous oppresse et nous exploite. Penser que l’on peut « humaniser » les forces de répression parait compliqué. Individuellement peut-être, un CRS peut décider d’abandonner le métier s’il en comprend le vrai enjeu. Mais croire que toute l’institution policière peut se tourner du côté des manifestants, c’est un peu comme penser que l’Etat ne cherche plus à protéger les privilèges de ceux qui en ont la tête, et leur amis du CAC40 avec les policiers, les CRS et l’armée ne sont pas des employés de l’Etat comme les autres, les profs ou les fonctionnaires. L’appareil de répression est une institution qui garantisse la domination sociale et politique des capitalistes sur les classes dépossédées. Nous devons lutter pour la dissolution de la police et le démantèlement de toutes les forces répressives de l’Etat.

Nous avons vu circuler dans les réseaux sociaux des vidéos qui demandent aux policiers de se « révolter » et de joindre la cause des Gilets Jaunes. Les arguments évoqués sont des voitures et du matériel en mauvais état, jusqu’au fait qu’ils travaillent dans des conditions difficiles et sont au bout du rouleau. Cela veut dire que les demandes progressives de Gilets Jaunes devraient s’unir aux demandes des forces répressives pour obtenir des meilleurs moyens pour réprimer les luttes ouvrières et populaires comme c’est le cas en ce moment ? Or, c’est seulement dans des situations particulièrement vives de la lutte de classes, avec une action révolutionnaire de masse, qu’on pourrait voir naitre une désobéissance d’une partie de la base des policiers vis-à-vis de sa hiérarchie et des forces de l’ordre bourgeois qui la tiennent. Le gouvernement veut imposer l’état d’urgence, la répression sera encore plus brutale. Au lieu de lutter pour humaniser la police et pour leur donner plus des moyens de répression, nous devons promouvoir toute forme d’auto-organisation et d’autodéfense ouvrière et populaire pour affronter la violence de l’Etat de ses bandes d’hommes armés.

Voici quelques images de la criminelle répression à Bordeaux.

Nous faisons un appel à témoin pour dénoncer les violences policières commises par la police durant la manif la manif de Bordeaux.




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