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Politique

Manifestation contre le F-Haine

Bordeaux. Plus d’un millier de personnes défilent contre la venue de Marine Le Pen

Ce dimanche 2 Avril, c’est à Bordeaux que la candidate du Front National a choisi de tenir un meeting au Parc des Expositions. C’est ce même jour que plus d’un millier de manifestants ont défilé dans le centre-ville pour dire non au F-haine et à ses idées réactionnaires et ce, encadré par un important dispositif répressif. Au total, on dénombre plus d’une dizaine d’arrestations et de nombreux blessés dont un blessé grave au flashball.

Crédit photo : abtocc asira auto-média

Les manifestants s’étaient donné rendez-vous à 15h place de la victoire. Un important dispositif répressif s’était déjà mis en place avant même le début de la manifestation : un hélicoptère, des dizaines de camions de CRS et deux canons à eau pour accompagner le tout. En attendant que la place se remplisse, différents intervenants prennent la parole afin de dénoncer la venue de la dirigeante FN ainsi que son discours réactionnaire. On dénombre déjà des centaines de manifestants. Beaucoup de monde, beaucoup de drapeaux : syndicalistes, anarchistes, libertaires, communistes. Des militants venus d’autres villes ont également répondu présents. Le cortège commence à se former et part Cours de la Marne dans une ambiance joyeuse. On entend fuser des "Marine casse-toi ! Bordeaux n’est pas à toi", "Siamo tutti antifascisti !". Le cortège traverse la place Saint-Michel.

Arrivés sur les quais un important dispositif répressif avait été déployé ; on entendait même le moteur rugissant des canons à eau. C’est aussi là que nous prenons toute la mesure de la manifestation : on dénombre bien plus de mille personnes. Le cortège tourne Porte de Bourgogne, déterminé et dans la bonne humeur. Mais c’est là que tout s’envenime : la police commence à tirer des lacrymos, certains manifestants répliquent avec des œufs et des projectiles.

De nombreux blessés dont un au flashball

 
Le cours Victor Hugo est noyé dans les gaz lacrymogènes. Pour faire pression sur les manifestants, la police tire au flashball. Lors d’un mouvement de foule, un jeune homme prend le projectile lancé à tir tendu en pleine. Il saigne abondamment. D’autres manifestants lui viennent en aide, le mettent à l’écart et improvisent un bandage en attendant l’arrivée des pompiers. Il sera évacué à l’hôpital pour quelques heures. Fracture à l’os zygomatique et 15 points de sutures au niveau de la joue, sous l’œil. A quelques centimètres près c’était l’œil qu’il perdait pour avoir manifesté. Alors qu’Alain Juppé dénonçait dans Sud Ouest la « violence » des manifestants, celui-ci a bien sûr omis de mentionner les nombreux blessés par la police notamment à tir tendu, un acte interdit par la loi. Preuve encore que dans une situation de totale impunité, la police s’autorise même à dépasser les lois de ses propres institutions.

La police tente de séparer en deux le cortège, ceux restés derrière sont nassés, les autres dispersés. Malgré tout, les manifestants parviennent à se regrouper et à avancer ensemble jusqu’à la Victoire où se terminera le cortège. Arrivés, les manifestants se regroupent pour discuter et s’assurer que la BAC ne procède plus à d’autres arrestations. On dénombre 10 arrestations.

Dans la rue contre le FN et ses idées réactionnaires

 
Le meeting de Marine Le Pen a réuni 2000 personnes. Dans la rue, nous étions plus d’un millier à nous mobiliser contre les idées réactionnaires de la candidate du Front National. Une démonstration qu’il existe dans de nombreux secteurs de la société et notamment de la jeunesse une inquiétude face à la montée de l’extrême-droite et de la persistance d’un discours autoritaire chez toute la classe politicienne.

Pour autant, de nombreux mots d’ordre ou banderoles associaient la lutte contre le Front National à la lutte contre le fascisme. Est-ce qu’on peut faire une telle comparaison ? S’il est vrai que gravitent autour du FN, ou qu’il existe en sont sain des individus issus de groupuscules nazillons et si la candidate affiche un programme ouvertement raciste et xénophobe, cela ne signifie pas pour autant que le Front National est un parti fasciste. S’il suffisait d’afficher un discours réactionnaire pour être fasciste, alors toute la caste politicienne du Parti Socialiste au Front National serait fasciste. Car c’est bien sous le gouvernement Hollande que des gens ont été éborgné en manifestation contre la Loi Travail par des CRS, ce même gouvernement qui a imposé l’État d’Urgence permanent ou tenté de faire passer la déchéance de nationalité (mesure issue directement du programme du FN).

En effet le fascisme apparaît en période d’insurrection, quand les classes dominantes extrêmement affaiblies par l’organisation des jeunes, des travailleurs, et de tous les exploités de la société sentent leur système menacé et jouent alors leur dernière carte à savoir celle du fascime, Le fascime c’est Pinochet au Chili ou la dictature militaire au Brésil face à la montée des mouvements socialistes et aux offensives des travailleurs contre le capital. C’est la répression de millions de militants politiques et d’individus racisés, parfois les deux à la fois dans les années 30 en Allemagne. C’est les bandes fascistes qui allaient attaquer les piquets de grève des travailleurs en France dans les années 30. Or, ce n’est pas le programme que propose le Front National aujourd’hui, simplement parce que les classes dominantes n’en ont pas besoin. Ce qui est sûre, c’est qu’en cette période de crise, il y a une nécessité pour le pouvoir politique de refermer les brèches et d’empêcher toute contestation, on le voit à travers l’État d’Urgence et la répression de milliers de militants, de personnes racisées ou de minorités sexuelles. Et c’est en cette même période troublée qu’on voit apparaître des phénomènes morbides comme le Front National.

Pour autant cela ne signifie pas que la lutte contre l’extrême-droite n’est pas importante, mais elle passe par une lutte quotidienne contre le système capitaliste et pour l’union de tous les secteurs de la société : les jeunes, les travailleurs, les chômeurs sur une base de classe à même de proposer une stratégie pour renverser le système.




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