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Jeunesse

Témoignage d’une lycéenne

Bordeaux. Première Coordination Lycéenne Nationale du mouvement contre la loi ORE

Ces samedi et dimanche 5 et 6 mai, nous, des lycéens de toute la France, nous sommes organisés pour une première rencontre de la Coordination Lycéenne Nationale dans le cadre de la mobilisation contre la loi ORE. Réunis à Bordeaux, les mandatés des différents comités inter-lycéens sont venus de Montpellier, Périgueux, Montreuil, Nîmes, Auch, Toulouse, Nantes, Metz, et Grenoble : une première rencontre particulièrement convaincante.

C’est dans une volonté d’amplifier véritablement le mouvement lycéen qui n’a pas encore pris, que nous avons utilisé cette structure permettant à tous les comités inter-lycéens de se retrouver pour discuter et débattre dans un cadre d’auto-organisation, mais surtout se coordonner à une échelle nationale. En effet, il reste encore un mois et demi devant nous de cours et d’examens, tandis que les étudiants eux finissent leurs partiels : c’est à nous de prendre la relève du mouvement, aux cotés des grévistes. D’autre part, Parcoursup n’ouvre que le 22 mai, et ne fermera pour les classes de terminale et les étudiants réorientés actuels qu’en septembre (dernière session).

Outre la Coordination Lycéenne Nationale (CLN), plusieurs coordinations nationales avaient lieu en même temps ce week-end, comme la CNE (Coordination Nationale Étudiante), qui se déroulait en même temps à Nanterre et avec laquelle nous avons pu échanger durant ces deux jours, ou encore la CNL (Coordination Nationale des Luttes) et la CNU (Coordination Nationale Universitaire), réunissant les profs. Ce cadre national permet de nous mettre d’accord sur certains points, et de décider collectivement d’un cadre de dates et d’actions communes pour être plus forts et avoir plus de poids qu’en étant isolés, ainsi que de partager les différentes expériences locales qui peuvent être des sources d’inspiration pour tout le mouvement.

Nous avons lors de la CLN, outre les questions purement activistes, eu de longues discussions théoriques et dialogué de ce que pourrait être un lycée et une université alternatifs à la Loi ORE – à laquelle nous réitérons notre opposition, et dont nous exigeons le retrait immédiat.

Nos revendications pour un lycée et une université sont innombrables : nous voulons une éducation ouverte à toutes et tous, libre, gratuite et émancipatrice ; avec des commissions mélangées d’élèves, professeurs et personnels pour que les élèves puissent se ré-approprier des moyens d’enseignement (création des programmes, etc), ainsi qu’appuyer l’auto-organisation (permettre aux élèves d’avoir des locaux réservés pour leurs activités, qu’elles soient culturelles, politiques, etc.

Nous pensons que tous les élèves devraient pouvoir s’exprimer librement, (mais nous condamnons évidemment l’intolérance), c’est-à-dire de permettre à toutes et tous et venir au lycée comme ils l’entendent, sans que l’on cherche à s’opposer à leurs choix : nous considérons qu’au lycée nos actes sont conscients et réfléchis et devraient être respectés comme tels.

Nous avons longuement parlé des religions au lycée, qui doit être laïc, mais pas oppressif envers les personnes croyantes.

D’autre part, nous voulons des cours plus aboutis et réellement informés sur l’éducation sexuelle, le consentement, et la question du genre, dès le plus jeune âge, qui sont des questions aujourd’hui expliquées de façon erronée et restent taboues.

Nous nous positionnons contre toutes formes d’oppressions, sexiste, lgbti-phobe, xénophobe et raciste, fasciste, etc.

L’un des mots d’ordres le plus important face à la loi ORE est anticapitaliste, car nous voulons exclure les intérêts privés de l’enseignement, qui n’y ont pas leur place. Nous voulons une réelle augmentation des budgets pour l’éducation, pour permettre véritablement à tous ceux qui le souhaitent d’étudier, et dans des conditions favorables pour réussir. Nous sommes également pour la suppression de la séparation capitaliste faite entre les filières professionnelles et celles plus « intellectuelles ».

Nous voulons montrer que la sélection à la fac instaurée par la loi ORE de Vidal concerne directement tout le monde du travail, qui sera impacté par une surabondance de travailleurs issus des filières professionnelles et peu, voire pas qualifiés. C’est donc une dévaluation des salaires à pourvoir qui va se faire, par le jeu de l’offre et de la demande, dans la continuité de la destruction du code du travail, afin de dérégulariser le marché du travail. Ce plan étudiant est en fait un plan économique basé sur une sélection sociale des individus, visant à créer une main-d’œuvre peu chère et répondant aux besoins de l’économie marchande.

La CLN affirme son soutien inextinguible aux autres secteurs qui luttent contre la casse du service public, la précarisation constante du monde du travail et les lois xénophobes, contre le gouvernement Macron qui emprunte le programme de l’extrême droite et qui par ses ordonnances et ses réformes organise un grand plan d’austérité. Nous serons avec les travailleurs et travailleuses dans les rues car nous pensons que nous agissons pour un intérêt commun : celui de la lutte contre le capital, qui exploite et opprime pour son propre profit.

Nous appelons à amplifier la grève et à descendre massivement dans les rues, contre ces mesures d’austérité et de privatisation générale, y compris des facs et des lycées, et de casse de service public. Nous lycéens et lycéennes, serons présents aux cotés des étudiants, travailleurs, sans papiers et précaires, dans cette lutte.

Nous dénonçons également la répression, qu’elle soit policière et donc étatique, dans les camps de réfugiés et dans les évacuations des facultés occupées, mais également celle fasciste, qui se décomplexe et se banalise.

La prochaine CLN se déroulera à Paris le weekend du 26 et 27 mai (avec journée de mobilisation le samedi 26).
Nous appelons à suivre la journée de grève nationale le 22 mai de toute la fonction publique, mais également le 16 mai, ainsi que le 24 mai où nous appelons à toutes les organisations syndicales ou pas à venir nous rejoindre dans la rue.

Communiqué :




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