^

Notre classe

Au lendemain de l’acte IX

Bordeaux. Une manifestation des femmes Gilets Jaunes festive et combative

Ce dimanche 13 janvier, se sont plus de 200 femmes qui se sont réunies à Bordeaux en gilet jaune dans une ambiance festive et combative pour manifester contre Macron et son monde, mais aussi contre sa police qui mutile.

Au lendemain d’un acte IX très massif à Bordeaux réunissant aux alentours de 15 000 personnes, loin des chiffres mensongers de la préfecture qui parle de 6 000 manifestants, les femmes gilets jaunes s’étaient donné rendez-vous à 13h Place de la Bourse ce dimanche afin de réaffirmer leur détermination à lutter contre Macron et son gouvernement.

Ce sont donc plus de 200 personnes qui sont parties de la Place de la Bourse pour défiler dans le centre-ville de Bordeaux, au cri de « Macron t’es foutu, toutes les femmes sont dans la rue ! ». Une manifestation qui s’est déroulée dans une ambiance festive et combative, au son notamment de la batucada féministe. Les manifestantes arboraient des banderoles et de nombreuses pancartes pour la dignité, témoignant de la volonté de se battre pour leur avenir mais aussi celui de leurs proches. Beaucoup de femmes étaient d’ailleurs venues manifester avec leurs enfants. Le cortège a défilé aux Quinconces, à Grand-Théâtre ainsi que Rue Sainte-Catherine où les manifestantes ont été très bien accueillies, sauf par les grandes enseignes qui ont préféré baisser le rideau ! La manifestation s’est ensuite dirigée vers la Victoire puis les Capucins avant de se disperser au Miroir d’eau.

Femmes en lutte contre les violences policières

Dans la manifestation on a pu observer de nombreuses références à la Marianne et à la révolution française, mais aussi une banderole contre les violences policières, et entendre des slogans comme « Benalla en prison ! libérez Christophe » ou encore « Castaner assasin ! ».

Arrivées à la Victoire où un fourgon de police les attendait, plusieurs manifestantes se sont positionnées face à la police en montrant des projectiles de flashball, une image symbolique très forte, en référence au nombre croissant de mutilés, hommes et femmes confondus, depuis le début du mouvement.

L’une des femmes qui portait la banderole contre les violences policières nous expliquait ainsi : « J’ai voulu faire une banderole avec l’aide de mes enfants et de mes amis avec des photos de tous les blessés parce que justement on n’en parle pas dans les médias. Aucune télévision ne parle de toutes les blessures qui sont quand même des blessures de guerre, faites dans des manifestations pacifiques. On parle toujours des violences des gilets jaunes, qu’ils tabassent les gendarmes, les CRS, mais il faut savoir qu’eux ils sont protégés, ils ont des boucliers, ils ont des casques. Moi si je prends un flashball dans la tête je suis blessée !

On a voulu accrocher certaines photos de blessés sur la banderole : quand vous voyez une gamine de vingt-ans qui perd un œil, un gamin qui perd son bras… si ça peut ne serait-ce que deux secondes montrer les photos des blessés ça sera une réussite. […] Les flashballs c’est dangereux, les gaz lacrymogènes c’est dangereux, et en plus de ça ils nous balancent des grenades ! On n’est pas en guerre. On est en train de se battre pour demander à manger, est-ce que c’est légitime ? on demande à manger, on ne demande pas la lune ! Et Macron qui nous dit qu’il faut faire des efforts ! Faut qu’il arrête avec ça. Moi je travaille depuis l’âge de 15 ans, les seules fois où je me suis arrêtée c’est pour accoucher de mes enfants. Je me lève tous les jours à 5h du matin. Des efforts j’en fais et à la fin du mois je n’y arrive pas. »

« Emmanuel Macron, grosse tête de con, on vient te chercher chez toi ! »

La semaine dernière déjà, des manifestations de femmes Gilets Jaunes avaient été organisées dans de nombreuses villes de France, réunissant des milliers de femmes. S’il s’agissait de la première manifestation de ce genre à Bordeaux, celle-ci s’est déroulée dans une ambiance combative qui traduit la volonté des femmes d’en découdre avec ce gouvernement.

« 
Sur l’une des banderoles : « Les femmes c’est comme les pavés, à force de marcher dessus on se les prend dans la gueule » »

Et pour cause, les femmes sont aujourd’hui l’un des secteurs de la société les plus victimes de la précarité : celles-ci occupent souvent les emplois les plus précaires, à mi-temps ou sous-payés, et doivent jongler entre vie professionnelle et vie familiale. Celles-ci ont à charge « la double-journée de travail » devant s’occuper du travail domestique, de l’éducation des enfants, ou encore de leurs parents et des personnes âgées.

En ce sens, la destruction du code du travail mais aussi des services publics menée par Macron et les gouvernements précédents ont pour conséquences d’aggraver la position des femmes dans la société patriarcale en transférant le poids des tâches sensées être prise en charge par l’Etat (la santé ou l’éducation par exemple) sur les épaules des femmes. Comment se soigner soi-même ou soigner ses enfants si l’hôpital le plus proche se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres ? Aussi, on a pu constater depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes l’investissement des femmes sur les ronds-points et dans les manifestations, un signe politique fort qui devrait inquiéter le gouvernement car quand les femmes décident de relever la tête, cela donne un cocktail explosif.

Crédits photos : Loïs Mugen, Collectif Macadam Press




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Bordeaux   /    Droits des femmes   /    Violences policières   /    Répression   /    Notre classe