Société

Témoignage d’une manifestante

Bourse du travail : militants encerclés, fouillés, palpés sous les sous-vêtements, en pleine rue

Publié le 28 juin 2016

Nous publions ci-dessous le témoignage de Sophie-Gaëlle, syndiquée chez Solidaires, qui a eu le droit à une fouille un peu particulière devant la bourse du travail de Paris ce mardi 28 juin au matin.

L’AG interprofessionnelle interluttes était réunie à la bourse du travail ce mardi 28 juin. Plus de 200 militants syndicaux, associatifs et autres étaient présents. L’AG tirait vers la fin et les participants commençaient à sortir pour rejoindre la manif à Bastille. Mais les CRS les attendaient, ils avaient entouré la bourse du travail et effectuaient des contrôles et des fouilles.

Nous avons été mis au courant de la situation, et avons décidé d’aller soutenir les militants de l’AG. On pensait aller manifester avec les « otages » peu après.

Les CRS quadrillaient le quartier jusqu’au métro château d’eau, mais à notre arrivée devant la bourse, c’était plutôt calme, les forces de l’ordre étaient dispersées.

Au bout de 10 minutes, première arrivée de robocops. Ils passent devant nous en trottinant, s’éloignent sans nous jeter un regard et se positionnent un peu plus loin.

Mais 10 minutes après, l’armée de l’empire arrive. Les CRS nous encerclent, ils sont là, barrage humain. Nous chantons la marche impériale de Darth Vader. Nasse.

Ils étaient là les CRS ! Et ils n’ont pas bougé, impassibles, hermétiques, comme les gardes du Westminster palace. Au bout de 2 heures passées dans cette fort sympathique nasse, nous décidons de la quitter, pour revenir peu de temps après. Nous essayons de traverser les CRS, ils nous arrêtent. Nous étions 4, deux hommes, deux femmes. Le caporal en chef a retenu les hommes pour une fouille et nous a « remises », nous les femmes, à sa jeune collègue. Celle-ci m’a « fouillée » et « palpée » plus que consciencieusement. Elle en a fait de même avec ma collègue. J’étais en jean moulant, teeshirt, rien à cacher ! On m’a palpée énergiquement jusqu’à l’entrecuisse, et ensuite mis les mains sur mon ventre, mes aisselles et sous mon soutien-gorge ! Tout ça sous l’œil sévère et impartial du chef commandant, qui tenait mon appareil photo dans sa main. J’ai plaisanté et j’ai crâné : « j’adore être pelotée ». Elle (mais tendue car son supérieur la regardait, aucune erreur autorisée) : « ça tombe bien moi aussi, et en plus je suis payée pour ça », mais manifestement mal à l’aise.

Après avoir réussi le test du « ce sont tes vrais seins et pas des obus ? », on a eu droit à une deuxième fouille : que le sac cette fois. J’ai demandé pourquoi on nous fouillait : « pour vérifier que vous n’avez pas de projectiles ». Voilà. Je n’ai aucune animosité envers les CRS, j’accuse le gouvernement.