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Monde

Répression sanglante

Boycott des élections au Kenya. L’État assassine au moins 4 manifestants

Ce jeudi 26 octobre se tenaient les élections présidentielles au Kenya. Une « parodie » pour l’opposition, qui a appelé au boycott. Alors que la population a pris la rue, ce sont au moins 4 morts qui ont succombé sous les balles des forces de répression.

Crédit Photo : BAZ RATNER/REUTERS

36 % de participation… et 98 % de votes pour le président sortant Uhuru Kenyatta selon la chaine de télévision KTN. Ce sont les résultats de l’élection présidentielle qui s’est tenue au Kenya ce jeudi 26 octobre. La veille, l’opposition avait appelé au boycott de la « parodie » de scrutin par la voix de Raila Odinga. Malgré les appels à « rester chez soi », la population est sortie exprimer son mécontentement contre une élection truquée.

Pour empêcher la tenue de ce simulacre de scrutin, des barricades se sont dressées à Kibera, le plus grand bidonville de la capitale, mais aussi un peu partout dans le pays. L’État n’a alors pas hésité à employer la manière forte pour légitimer un tant soit peu le maintien au pouvoir de Kenyatta. Au total, ce sont 4 morts, dont 2 dans la ville de Kisumu, et plusieurs dizaines de blessés qui sont à déplorer. Des chiffres qui, comme à chaque fois en pareille circonstance, sont évidemment sous évalués.

 Regardez ce sont les chiens d’Uhuru [Kenyatta] ! Ils sont prêts à tuer pour lui. Mais s’il faut se battre pour nos droits, on le fera, même s’ils ont des fusils ! 

Un manifestant désignant un commissariat à Kisumu, quelques jours avant le scrutin.

Cela n’a pas empêché Kenyatta de déclarer, non sans une ironie nauséabonde, que son « espoir est que ce pays aille de l’avant après les élections ! ». Un comble lorsque l’on sait qu’il a été mis en examen en 2012 par la cour pénale internationale, pour crimes contre l’humanité, commis lors des violences postélectorales ayant suivi la présidentielle de 2007. Il était à l’époque vice-premier ministre. Des charges qui ont été abandonnées, alors qu’entre temps Kenyatta a accédé pour la première fois au poste de président du Kenya en 2013.

Loin d’être un cas isolé, la situation au Kenya reste aujourd’hui extrêmement tendue, alors que l’opposition ne reconnaît évidemment pas les résultats du scrutin. Au niveau international, comme souvent, puisque les différents états impérialistes occidentaux ont des accointances pour des raisons économiques avec les dirigeants d’ « ex-colonies », peu de voix s’élèvent pour condamner la politique ultra-répressive de Kenyatta. Du côté des classes populaires et du monde du travail, il s’agit pourtant d’apporter un soutien sans faille aux manifestants qui meurent sous les balles de la police, et de réclamer l’invalidation d’un scrutin qui suinte le bidonnage par tous les pores.




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