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Brésil. Après l’attaque contre Bolsonaro, l’extrême-droite essaie de faire de son candidat un martyr

Après l’attaque perpétrée à Juiz de Fora (Etat de Minas Gerais) contre le candidat à la présidentielle Jair Bolsonaro, son équipe de campagne tente de « l’humaniser » et de disqualifier toute critique contre le candidat du PSL, parti d’extrême-droite. Malgré tout, Bolsonaro demeure un candidat réactionnaire anti-pauvres et anti-travailleurs, misogyne, homophobe, en faveur de la répression, et qui a su banaliser le crime odieux contre Marielle Franco.

Dans un contexte de polarisation politique croissante, l’attaque contre Bolsonaro a permis de changer le visage de la campagne du candidat, contribuant à adoucir son image auprès d’un électorat encore indécis, étant donné que ses frasques provocatrices et ses attaques contre les travailleurs et les classes populaires brésiliennes s’essoufflent. Deux jours après les faits, les profils sur les réseaux sociaux de son fils Flavio Bolsonaro et du PSL affichaient l’image d’un t-shirt déchiré et ensanglanté sur lequel était marqué « mon parti est le Brésil », allusion au t-shirt que portait Bolsonaro le jour où il a été poignardé. L’objectif de la campagne vise, à travers ce montage photo, à présenter le candidat comme un martyr qui s’est sacrifié pour le pays. Pourtant son histoire et son programme politique montrent plutôt le contraire.

Avec une vie parlementaire insignifiante, Bolsonaro a toujours voté contre l’intérêt des travailleurs, comme dans le cas du vote de la loi sur le gel des dépenses dans les secteurs de la santé et de l’éducation durant 20 ans ; ou encore, comme le démontre son abstention lors du vote de la loi qui confère aux entreprises la totale liberté de sous-traiter, aggravant ainsi la précarité.

Mais le cas le plus emblématique de la politique de Bolsonaro est le projet de loi, présenté cette année, qui avait pour but d’accorder l’immunité aux policiers en opération dans le cadre de l’intervention fédérale et militaire à Rio de Janeiro, permettant d’exempter les militaires d’un quelconque jugement au motif qu’ils accompliraient un devoir légal et qu’il s’agirait systématiquement de légitime défense. Ce que veulent vraiment Bolsonaro et d’autres haut-gardés, comme le général Villas Bôas, c’est renforcer l’appareil répressif de l’État et pouvoir agir impunément, en violant les droits. Ainsi, ce dernier disait qu’il était nécessaire de « donner les garanties pour agir sans risque de voir surgir une nouvelle Commission de la vérité » (une commission nationale censée enquêter sur les violations des droits de l’Homme).

C’était justement la violence policière et l’injustice sociale que Marielle Franco, militante féministe et anti-raciste, dénonçait avant d’être brutalement assassinée. Ce n’est pas un hasard si le candidat du PSL a gardé le silence au moment des faits, avant de tenter de banaliser cet assassinat en le vidant de son contenu politique, affirmant qu’il s’agissait d’une mort quelconque. A l’époque, Marielle Franco dénonçait la répression et la violence du 41e bataillon de la police militaire, connu sous le nom de bataillon de la mort. Six mois après son assassinat, la justice n’a toujours pas été rendue. Face à cette situation, il est nécessaire de répéter l’importance de dénoncer la répression de l’Etat, moyen par lequel la bourgeoisie et ses représentants politiques maintiennent leurs intérêts. C’est à la classe ouvrière, aux jeunes précaires, aux classes populaires, et au mouvement des femmes contre Bolsonaro, de se mobiliser contre ces politiques réactionnaires, indépendamment du résultat dans les urnes et du PT brésilien, l’autre variante de la bourgeoisie brésilienne.

Traduction : Jade Ruiz




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