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La Lava Jato continue

Brésil. Lula bientôt incarcéré pour corruption, Michel Temer se frotte les mains

Mardi dernier, le Tribunal Supérieur de Justice (STJ) a refusé d’accorder à Lula, l’ex-président du Brésil, un habeas corpus qui lui aurait permis de rester libre jusqu’à ce que tous les recours juridiques contre sa condamnation à 12 ans de prison ait été faits. Une décision qui éloigne encore un peu plus la figure du Parti des Travailleurs de la présidentielle d’octobre.

Crédit photo : DR

Plus que de l’acharnement, c’est un combat à mort qui se déroule au Brésil entre les juges et toute une partie du champ politique. Après avoir destitué (par ce qui se rapproche plus d’un coup d’état que d’autre chose) Dilma Roussef, et mis en prison un certain nombre de personnalités (comme Eduardo Cunha, président de la chambre des députés ou encore Sergio Cabral, ex-gouverneur de Rio) pour corruption, le pouvoir judiciaire continue à nettoyer la scène politique brésilienne.

Depuis de nombreux mois, c’est Lula, président du Brésil de 2003 à 2011, qui risque la prison. Accusé d’avoir accepté des pots de vins d’une entreprise de bâtiment pour qu’il accorde des contrats publics dans l’affaire Petrobras, il avait déjà été condamné à 9 neuf ans de prison en première instance avant que la peine ne soit allongée à douze ans et un mois en appel. Mardi dernier, les juges du Tribunal Supérieur de Justice ont refusé que Luiz Inàcio Lula da Silva, de son vrai nom, reste en liberté jusqu’à ce qu’il ait épuisé tous les recours contre sa condamnation à douze ans de prison. L’ex-président pourrait donc être incarcéré rapidement : sa liberté de mouvement est suspendue à un autre recours qu’il a entamé devant le tribunal de deuxième instance de Porto Alegre (TRF4), celui-là même qui l’avait condamné à douze années de réclusion.

C’est un nouveau coup dur pour celui qui est toujours parmi les favori de l’élection présidentielle d’octobre. Son incarcération ne voudrait pas dire pour autant qu’il serait inéligible, un tribunal électoral devant trancher la question. Même si le PT, pendant ses années au pouvoir (de 2003 à 2016) est loin d’avoir mené une politique en faveur des classes populaires, le compromis qui caractérisait ces années de stabilité est aujourd’hui remis en cause par des attaques de plus en plus dures des impérialistes au Brésil.

Considérant que le PT, qui avait su, après la dictature, incarner la main gauche du néolibéralisme au Brésil, permettant à la fois aux classes populaire de profiter des miettes du boom économique et des élites de s’assurer une relative autonomie vis-à-vis des élites occidentales, n’est aujourd’hui plus en mesure d’assurer une telle stabilité, c’est donc avec les méthodes les plus décomposées, des procès factices au coup d’état, que le PT est mis hors de la scène politique. La mise à l’écart de Lula, loin d’être un simple « procès anti-corruption » est donc avant tout une attaque politique contre les secteurs de la gauche brésilienne, le tout dans un contexte où la lutte des classes commence à reprendre du poil de la bête, un an après la grève générale de fin avril 2017.




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