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Brésil. Quand le Carnaval tourne en manifestation contre le gouvernement Temer

Le Carnaval. Ces quatre jours de fête non-stop pendant lesquels les brésiliens sont censés tout oublier. Mais cette année les choses ont été différentes. Après les manifestations contre la Coupe du Monde en 2014, le Carnaval de 2017, avec son lot de manifestations contre le gouvernement Temer, aura été un pas de plus dans le sens de casser l’image d’un peuple « pacifique et festif », dont la résignation prendrait une forme « joyeuse ».

Rédaction Révolution Permanente / Esquerda Diario

Le Carnaval qui vient de se terminer ce mardi était le premier depuis la consolidation du coup d’état institutionnel mené contre le gouvernement de Dilma Roussef. Michel Temer, le nouveau président, considéré comme illégitime par des larges couches de la population, a été la cible de nombreuses manifestations d’hostilité dans les quatre coins du pays. Sous le slogan de « Fora Temer » [« Temer dehors », ou « Temer dégage »]. Des milliers de brésiliens ont exprimé leur rejet du gouvernement pendant qu’ils faisaient la fête, dans celui qui aura été certainement le Carnaval le plus politique de l’histoire récente du pays.

Salvador de Bahia

 
Dans celui qui est sans doute un des carnavals de rue les plus importants et massifs du pays, et qui cette année avait la particularité d’avoir lieu dans la ville où Michel Temer et sa famille passaient les festivités, c’est depuis le camion de son qu’un des artistes qui animait la fête a lancé les premiers slogans. « Putchistes, fascistes, machistes, vous ne passerez pas » a scandé Russo Passapusso, vocaliste du groupe Bahiana System, ce à quoi la multitude, surtout des jeunes, a répondu en unisson par le déjà très répandu « Fora Temer  ».

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Belo Horizonte

 
Dans la capital de la région de Minas Gerais, plusieurs cortèges de rue ont scandé également des slogans chacun de leur côté avant de converger vers un lieu commun où environ 100 000 personnes se sont rassemblés dans une manifestation géante contre le gouvernement Temer.

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Rio de Janeiro

 
A Rio, qui a été récemment scenario d’une forte grève et mobilisation des travailleurs du service publique des eaux et de l’assainissement, menacés par un projet de privatisation, il y a eu un cortège spécial contre le gouvernement Temer.

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São Paulo

 
A São Paulo, les manifestations d’hostilité au gouvernement ont commencé avant même le Carnaval officiel. Le pré-Carnaval organisé le 18 février par le cortège « Bloco soviético » [« Bloc soviétique », un jeu de mots car les cortèges de carnaval de rue s’appellent « blocs de carnaval »] était déjà devenu une sorte de manifestation contre le gouvernement Temer.

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L’existence même de ce cortège est une sorte de réponse pleine d’humour à la forte polarisation qui divise le pays entre « communistes » et « réacs ». Cette année, le cortège a été particulièrement fourni et on a eu droit même à une version carnavalesque de l’Internationale.

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A lot of people screaming “Fora Temer”

 
Le nouveau visage d’un Brésil extrêmement politisé et qui n’oublie pas son combat contre le coup d’état institutionnel et contre le gouvernement de Michel Temer semble plaire même aux touristes, pour le malheur des grandes chaines de télé comme Globo qui voudraient occulter le cri de révolte qui a animé la grande fête annuelle des Brésiliens.

Interrogé par un journaliste, ce touriste écossais dire avoir beaucoup aimé le carnaval de rue et tous ces gens qui scandaient « Fora Temer », tout en disant ne pas comprendre ce que cela voulait dire. Le journaliste, qui lui comprend très bien, change de sujet et demande au jeune brésilien qui est à côté si son voisin écossais sait danser la samba…




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