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« Lava Jato »

Brésil : les comptes de l’ex-président Lula bloqués et ses biens saisis

Une semaine après sa condamnation en première instance à 9 ans et demi de prison pour corruption, l’ex-président du Brésil de 2003 à 2011, Luiz Ignacio Lula da Silva, a vu ses comptes bloqués et certains de ses biens saisis par la justice.

crédit photo : Erick Dau for The Intercept

La crise au Brésil continue : l’ex-président, Lula, qui compte se représenter en 2018 aux présidentielles, a vu ses biens être confisqués. La semaine dernière, il avait été reconnu coupable de corruption passive et de blanchiment d’argent dans l’enquête entourant la gestion des appels d’offre du géant pétrolier Petrobras. Tout comme une large partie de la classe politique, entachée par les scandales de corruption, ce sont encore des affaires de pots-de-vin qui vont peut-être faire sombrer l’ex-président, toujours très populaire dans le pays. En effet, il est aussi poursuivi dans des enquêtes pour avoir perçu des pots-de-vin du géant du BTP, Odebrecht, ainsi que de la multinationale de la viande, JBS. Ces enquêtes, regroupées sous le nom de « Lava Jato » (« Lavage express »), concernent tout autant les membres du parti des Travailleurs (PT) fondé par Lula dans les années 1980, que le parti actuellement au pouvoir, le PMDB, d’où provient le président actuel, Michel Temer.

C’est donc dans ce cadre que plus de 600 000 réais, soit 165 000 euros ont été bloqués sur des comptes de Lula, que trois de ses appartements ont été saisis, tout comme un de ses terrains et deux de ses voitures. Ces mesures ont été menées pour « réparations aux dommages causés », directement en lien avec sa condamnation de la semaine dernière. En effet, condamné pour avoir accepté près de 3,7 millions de réais (soit un million d’euros) dont un appartement dans une station balnéaire de Sao Paulo, en remerciement de l’attribution de contrats de construction par l’entreprise OAS, le président a été condamné à rembourser les sommes détournées des caisses de l’Etat. C’est un coup très dur pour le Parti des Travailleurs, qui avait déjà vu Dilma Rousseff être écartée de la présidence par un coup d’Etat institutionnel au profit de Michel Temer.

Derrière ces accusations et ces procédures judiciaires qui concernent des hommes et femmes politiques largement corrompus qui ont pillé les caisses de l’Etat brésilien pour leur propre profit, se cache une opération plus profonde et plus importante. En effet, au moment où le président mène de très importantes réformes sociales, à l’encontre des classes populaires et au service de l’impérialisme américain, la condamnation de Lula est avant tout « une condamnation liée à la volonté de renforcer les attaques contre le monde du travail, même si cela fait très longtemps que le PT ne représente plus les intérêts des classes laborieuses du Brésil. » a dénoncé Diana Assunção, membre de la direction nationale du Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs.




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