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Société

Répression et résistance

Bure : État de droit ou nouvelle ZAD ?

Après l'expulsion d'une partie des opposants de Bure jeudi qui marque une volonté du gouvernement d'affirmer son autorité, de nombreux rassemblements ont eu lieu en France, eux aussi marqués par une certaine répression. Face à cela, les militants ne se laissent pas faire.

Du côté du gouvernement, communication et répression

Jeudi 22 février dans la matinée, les opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires dans la forêt près du village de Bure (Meuse) étaient évacués par 500 gendarmes et leurs bulldozers. Sept personnes ont été arrêtées et emmenées en garde à vue et deux d’entre elles sont jugées en comparution immédiate ce vendredi.

Comme nous l’écrivions hier, cette expulsion des quelques occupants du bois Lejuc marque la volonté du gouvernement d’écraser toute contestation. Après la victoire des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, il s’agit pour le gouvernement de s’assurer du respect de « l’État de droit ». Comprendre : après une défaite, il s’assure de montrer que son autorité est incontestable, surtout quand des intérêts privés (ici, ceux de la poursuite du nucléaire) sont en jeu. Sébastien Lecornu, bras droit de Nicolas Hulot, a déclaré qu’ «  il n’y aura pas d’installation de Zad nouvelle dans ce pays ».

Comme le relève un communiqué de plusieurs des « hiboux » (les occupants de la forêt) : « cette expulsion entérinée par le gouvernement Macron intervient dans un contexte de durcissement dramatique du contexte social à l’encontre du monde du travail, des étudiants, des migrant-e-s ».

Jeudi soir, de nombreux rassemblements de soutien aux opposants étaient organisés dans les villes de France, avec une forte présence policère et, dans certaines villes comme à Bordeaux ou à Dijon, des violences de la part des forces de l’ordre. À Bordeaux, des policiers ont tenté de saisir le matériel d’un manifestant qui les filmait (il faut savoir que légalement, rien n’interdit de filmer la police). L’un des manifestants a reçu un coup de matraque sur l’épaule et des menaces de coups supplémentaires.

Du côté des opposants, résistances et soutiens

Ainsi, dans de nombreuses villes, des rassemblements mobilisant plusieurs dizaines de personnes ont été tenus en soutien aux opposants. Sur place, les militants associatifs ont refusé la dissociation entre « bons » et « mauvais » militants. En effet, ils et elles ont refusé de se rendre à la recontre qui devait avoir lieu vendredi matin avec Sébastien Lecornu, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Le président de l’association des élus opposés au projet a déclaré : « On refuse de le rencontrer de façon unanime. On n’a plus rien à lui dire dans cette situation-là. […] Quand on expulse des jeunes du bois Lejuc, on nous expulse nous aussi. »

De plus, certains des « hiboux » (une dizaine) sont déjà en train de réoccuper la forêt.




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