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Notre classe

Défaite cinglante pour l’Andra

Bure. Le tribunal administratif de Nancy invalide l’acquisition du Bois Lejuc

Le tribunal administratif de Nancy a invalidé le 28 février 2017 la vente du bois Lejuc à l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), site choisi pour le projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique), qui est au cœur d’une lutte entre les opposants et les institutions pro-nucléaires françaises.

Depuis l’été 2016, qui suivait la période intense de lutte qu’a été le mouvement contre la loi travail, et parallèlement à de vives tensions sur la possible expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, l’opposition s’est fortement renforcée contre le projet de site d’enfouissement de déchets radioactifs de longue durée dans le bois Lejuc.

Malgré la violente expulsion de la ZAD de Bure le 7 juillet 2016, 500 personnes s’étaient réunies le 14 aout 2016 afin de marquer leur opposition au projet et de détruire le mur en béton de 2 mètres de haut qui avait été construit par l’Andra fin de protéger le chantier.

Depuis, une bataille juridique a lieu entre l’Andra qui accuse les opposants « d’occupation illégale  » et de « dégradation de bien », et ceux-ci qui dénoncent l’illégalité du projet car l’agence a commencé les travaux en arrachant 9 hectares de forêt alors que le bois est protégé par l’ONF. Grâce au mouvement contre Cigéo, l’Andra n’avait pas pu continuer les travaux sur le site, même si la menace de la répression policière et juridique est présente.

Le tribunal administratif de Nancy a invalidé le 28 février 2017, un délibéré du 2 juillet 2015 du conseil municipal de Mandes en Barrois qui autorisait l’échange du bois Lejuc, soit de 220 hectares, avec d’autres parcelles auprès de l’Andra, afin que l’agence puisse construire Cigéo. Il avait déjà été dénoncé en 2013 par des habitants de la commune car avait été voté à bulletin secret - ce qui est autorisé «  à la condition que le tiers au moins des conseillers le demandent », ce qui n’avait pas été le cas - et alors qu’au moins de janvier avait eu lieu un referendum local sur la question de l’échange du bois où le non l’avait emporté à 50 voix contre 35.

Dans la situation actuelle, la commune de Mandres en Bois a quatre mois pour « adopter une nouvelle délibération approuvant l’échange de forêt », dans le cas contraire la convention conclue avec l’Andra sera résiliée.

Selon Sortir du Nucléaires, des conseillers municipaux ayant votés le délibéré autorisant l’échange « étaient en état de conflit d’intérêt latent en raison des liens qu’ils entretenaient avec l’Andra : certains comptaient des membres de leur famille employés par l’Agence ou ses sous-traitants, d’autres s’étaient vu octroyer grâce à elle des baux de chasse ou des baux agricoles précaires ». L’association ajoute : « Il est évident que ces personnes, qui pouvaient faire l’objet de pressions de la part de l’Andra, n’auraient pas dû prendre part au vote ».

Or, alors que la propriété du bois Lejuc par l’Andra est remise en cause, le calendrier de construction du projet Cigéo impose que « la demande d’autorisation de création doit être déposée en 2018, pour un mise en service en 2025 » selon Le Monde.

A ce jour, le projet n’est pas encore enterré pour de bon (sans jeu de mot de mauvais goût) car le conseil municipal de Mandres en Barrois peut encore voter l’échanges du bois Lejuc, en toute légalité cette fois, dans les quatre mois qui viennent. Cependant, le contexte politique est très différent de celui du premier délibéré de juillet 2015.

En effet, le tribunal administratif de Bar le Duc doit statuer le 5 avril sur le caractère illégal ou non de l’occupation du Bois Lejuc, comme demandé par l’Andra. Or, alors que le tribunal devait rendre sa décision le 22 janvier 2017, la séance a été renvoyée en avril, soit moins de un mois avant les élections présidentielles.

Par ailleurs, plusieurs candidats ont d’ores et déjà signifié leur opposition au projet d’enfouissement des déchets, comme l’alliance Hamon-Jadot ainsi que Mélenchon, et Philippe Poutou.

Alors qu’en 2015, l’opposition au projet n’était que locale, le bois est devenu une ZAD en 2016 comme l’est Notre-Dame-des Landes depuis des années, et cristallisent l’opposition au nucléaire grandissante en France.

Nous devons réaffirmer notre opposition au projet d’enfouissement Cigéo, visant à enterrer pendant des centaines de milliers d’années des déchets radioactifs dans le bois Lejuc. La sortie du nucléaire ne se fera que par la reprise en main par les travailleurs eux-même de la production énergétique et l’expropriation des multinationales qui épuiseront jusqu’à la dernière mine d’uranium pour les profits de leurs actionnaires, sans considération pour la sécurité des populations et la sauvegarde de l’environnement.




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