Société

La justice avait ordonné la remise en état du site...

Bure. Les manifestants font tomber une partie du mur !

Publié le 16 août 2016

Julian Vadis

Ce 14 août, une manifestation a réuni près de 500 personnes à Bure, en opposition à la construction d’un chantier pour déchet nucléaire. Bien que sommée par la justice de stopper les travaux et de remettre le site en état, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) maintenait sur place un mur en béton de 2 mètres de haut, visant à protéger le chantier. Une partie de ce mur a été abattu par les manifestants !

Une manifestation réussie ! Le mur est tombé !

Organiser une manifestation en plein mois d’août était un véritable pari. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la mobilisation a été au rendez vous ! Déjà mise à mal par une décision de justice stoppant la poursuite des travaux et ordonnant la remise en état du site, dans l’attente à minima d’un hypothétique arrêté préfectoral, l’Andra se serait en effet bien passée d’une manifestation réunissant près de 500 personnes opposées à ce projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse. Il faut dire qu’en provoquant l’expulsion des opposants au projet occupant le site en juillet dernier, l’Andra pensait certainement avoir gagné une bataille décisive dans le bras de fer que l’agence livre à ses opposants. La décision de justice du 1er juillet dernier, bien que des recours soient évidemment possibles et que la bataille juridique n’en soit qu’à ses débuts, sonnait ainsi comme un camouflet. Insuffisant toutefois pour faire dévier l’Andra de son planning. Bien que sommée de remettre en état les quelques 8 hectares dégradés par ce nouveau grand projet inutile, l’agence jouait la montre et maintenait son mur de 2 mètres de haut, censé protéger un chantier de fait illégal.

Depuis, rien ou presque. Les autorités, pourtant si promptes à se déployer lorsqu’une décision de justice ordonne l’expulsion d’opposants, laisse les mains libres à l’Andra pour disposer du site en toute tranquillité, derrière ses murs qui, aussi ironique soit-il, ne sont pas concernés par la décision de justice. C’est ainsi que les quelques 500 manifestants ont décidé de prendre les devants, forçant le passage et faisant tomber une partie du mur, illégal jusqu’au dire de la justice bourgeoise. Qu’on se le dise, c’est bel et bien sur le terrain de la lutte que l’Andra a connu sa plus cuisante défaite !

Deux plaintes déposées. Revendiquons l’arrêt immédiat des poursuites et l’expropriation de l’Andra !

Bien que le chantier soit lui-même illégal, l’Andra a décidé de déposer deux plaintes contre les opposants au projet pour "occupation illégale" - les manifestants ayant réinvestit les lieux - et "dégradation de bien" du mur. Propriétaire du bois en cours de déforestation - ou plutôt de défrichement selon le rendu du tribunal, l’Andra entend bien faire payer aux opposants l’affront subit, tant sur le plan juridique que sur le terrain. Dans ce sinistre projet, elle pourra compter sur le soutien de la gendarmerie, bien lente pour appliquer une décision de justice qui ressemble à s’y méprendre, à une posture visant à contenir la contestation, mais qui s’est empressée d’ouvrir une enquête pour "identifer les auteurs de ces infractions". Chassez le naturel, il revient au galop !

Dans ce cadre, il est évident que les recours judiciaires ne peuvent qu’enraciner le conflit alors que, pour l’heure, les nuages noirs de la répression se font on ne peut plus menaçants. Dans ce cadre, la revendication de l’arrêt immédiat des poursuites est vitale pour la contestation, tout comme la demande expresse de l’expropriation de l’Andra et de son chantier encore plus inutile qu’illégal. Et comme pour la chute du "mur de Bure", la voie à suivre ne mène pas aux portes des tribunaux, mais passe bel et bien par le sentier de la lutte !