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C’est officiel, Macron signe ses ordonnances : Préparons un plan de bataille à la hauteur des attaques !

C’est dans une ambiance solennelle qu’Emmanuel Macron a signé ses ordonnances massacrant le code du travail et de nombreux acquis sociaux ce 22 septembre, au lendemain de la seconde journée de mobilisation.

C’est entouré de Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, et de Muriel Pénicaud, ministre du travail, qu’Emmanuel Macron a signé les ordonnances, dans son bureau à l’Elysée et sous l’œil des caméras de télévision. « Cette réforme rentrera en vigueur à compter de sa publication. Il y a une petite vingtaine de décrets qui sont prévus. Tous seront pris avant la fin de l’année » a déclaré le président de la République. Comme depuis sa prise de fonction, Macron est donc déterminé à taper vite et fort. Une stratégie qui vise à décourager toutes tentatives de résistances à sa politique ultra-libérale. En ce sens, le président a mis en avant les plus « de trois cents heures de concertation avec l’ensemble des partenaires sociaux », s’appuyant sur la méthode de la « concertation » visant à arrimer les directions syndicales comme courroie de transmission de ses contre-réformes, notamment FO de Jean-Claude Mailly et la CFDT de Laurent Berger.

Bien entendu, la signature des ordonnances marquent un point de passage important dans le contexte de la bataille sociale en cours. Après les déclarations transpirant le mépris de classe sur les fainéants, cyniques et extrêmes, puis le ton menaçant de Castaner sur les blocages, ce vendredi 22 septembre et la théâtralisation de « l’événement » vise évidemment, pour le gouvernement, a « siffler » la fin de la mobilisation.

Au lendemain d’une journée de mobilisation qui a démontré que la partie était tout sauf pliée, le gouvernement, les médias dominants fanfaronnent pour entériner une « défaite » de la mobilisation. Pourtant, il y a une différence entre la parole et les actes tant, d’un côté, il affirme haut et fort la fin du mouvement social naissant, et de l’autre il négocie pour obtenir la reddition des routiers ou encore désamorcer une mobilisation dans la jeunesse, et une « coagulation » des luttes. Face à la fermeté de façade d’un gouvernement, qui craint pour sa légitimité et sa faible base sociale, pour l’heure ce dont il s’agit, c’est d’élaborer un plan de bataille, sur la base des enseignements de la mobilisation de 2016, pour une convergence des secteurs en luttes pour taper tous ensemble sur le même clou et au même moment, et œuvrer à la construction du rapport de force, par la grève sur les lieux de travails et la reconductible, et ce jusqu’à ce que Macron ravale ses ordonnances. A l’image d’un Juppé en 1995, ou encore un De Villepin en 2006 sur la question du CPE, l’officialisation d’une réforme n’est en aucun cas signe de la fin de la bataille. Bien au contraire.

[Crédits photos : AFP]




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