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Politique

L’Elysée vent debout

C’est officiel : contre Mélenchon, Hollande roule pour Macron

Lors de différents entretiens pour Le Point, le Monde puis Konbini, François Hollande est sorti de sa réserve de rigueur pour s’essayer au commentaire indirect de la campagne et de ses possibles successeurs. Mélenchon en prend pour son grade. De la part d’un capitaine de pédalo…

C’est sans avoir le cran de les nommer qu’il s’est exprimé. Pas étonnant qu’il sorte du bois lui qui avait demandé à ses ministres de ne pas manifester leurs préférences, avec le succès que l’on sait. Le président leur a donc emboîté le pas. Pas étonnant non plus lorsqu’un président, qui a mené tout au long de son quinquennat une politique de droite, choisisse pour successeur Emmanuel Macron.

Alors qu’il avait promis de ne pas se positionner avant le second tour des présidentielles et que son entourage confiait qu’il allait se consacrer à une campagne républicaine contre le FN, voilà ses bonnes résolutions qui volent en éclats. Hollande a fini aujourd’hui par sortir du silence pour assumer à demi-mots un choix qui n’étonnera que ceux qui ont refusé d’y croire. Le masque tombe pour celui qui n’envisage même plus de voter pour son propre parti. L’appareil pourrissant du PS s’étant écrasé avec une campagne qui bat de l’aile, incarnée en la personne de Benoît Hamon, Hollande a avoué à Konbini, sous des airs de sage lucide et retiré, préférer les{}“candidats qui sont plutôt dans la suite, [car] l’histoire ne s’arrête pas ».

La peur d’un « péril » ? Hollande sur la même ligne que Le Figaro

Le syntagme est lourd :« il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte ». Les spasmes droitiers du locataire de l’Elysée se multiplient au point d’être sur la même ligne que Le Figaro. Sans même assumer son attaque et nommer le tribun que l’on devine, il s’en prend non pas aux divers opposants de droite aux programmes néolibéraux ou ultra conservateurs, mais à son vieux collègue du PS, désormais insoumis qui n’en tire que profit. En reprenant quasiment la terminologie d’un journal filloniste, il avoue son appartenance politique réelle et son ambition pour le prochain quinquennat. Quand Marine Le Pen, Fillon, Macron ne sont plus des dangers, les candidats de gauche deviennent des « périls ».

Emmanuel Macron-Hollande se serait bien passé de ce soutien dans un premier temps

De l’aveu-même d’un proche de Hollande, ce dernier est conscient qu’un soutien trop franc à Macron avant le premier tour pourrait desservir son ancien ministre : « ce n’est ni utile, ni efficace ». Difficile en effet de se présenter comme la nouveauté, la rupture avec le système ainsi que la fin des clivages quand on porte tout le poids de l’héritage d’un bilan quinquennal qui aura consacré l’austérité et mis en place une répression policière digne d’un gouvernement de droite face aux mobilisations liées à la loi travail et à la loi ... Macron. Car si la critique sait rappeler le lien d’Emmanuel Macron avec la finance et le système bancaire ainsi que les intérêts des capitalistes, on ne saurait oublier que celui-ci est intégralement comptable des mesures austéritaires et néolibérales de la Hollandie. Cette fois-ci, c’est le principal instigateur de ces politiques qui sort de l’ombre pour le réaffirmer.




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