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Politique

LREM ne vend plus.

C’était censé être une formalité... Manu aurait essuyé 5 refus pour son remaniement !

Ce remaniement devait être le « second souffle » qui relancerait son quinquennat, il ressemble de plus en plus à nouvel essoufflement du macronisme. Le gouvernement vient de l'annoncer ce soir : le remaniement, initialement prévu hier, est encore reporté à demain. Le gouvernement est bien en peine de convaincre, LREM ne vend plus : selon RFI ce serait pas moins de 5 refus qu'aurait essuyé le gouvernement. Jupiter est devenu un vrai repoussoir.

C’était censé être une simple formalité : Philippe démissionnerait, proposerait un vote de confiance, puis Manu sortirait renforcé. Jupiter gonflerait les muscles et pourrait, tout plein de son second souffle, relancer l’agenda des contre-réformes. L’affaire semblait pliée. Mais voilà, c’est plus compliqué que prévu. Les média bourgeois ne s’y trompent pas « la machine s’est enrayée » titre le Figaro ; ou encore RTL qui s’interroge « La macronie fait-elle encore rêver ? »

Depuis l’affaire Benalla et le départ de Collomb, les fragilités du macronisme ont été largement exposées. Et le départ du Ministre de l’intérieur – le septième départ d’un ministre en moins d’un an – a servi d’électrochoc à Macron. Bien décidé à reprendre la main sur un quinquennat qui se liquéfiait de plus en plus, il a non seulement repris l’agenda des contre-réformes en ciblant les cheminots, mais a aussi décidé de s’appuyer sur cette démission pour avancer un remaniement large qui lui permettrait de rasseoir son autorité et marquer le début de l’an II.

Mais en réalité c’est le contraire qui est en train de se passer. 

Le macronisme peine à trouver des remplaçants et expose son manque d’assise dans le « vieux monde ». Comme l’écrit le Parisien : « Des ministres qui démissionnent, des personnalités qui refusent d’entrer au gouvernement… c’est le monde à l’envers ! Voilà qui en dit long, en tout cas, sur les difficultés à recruter de cette majorité très - trop ? - éclectique, et dépourvue d’un vivier dans lequel puiser. « Ce remaniement qui traîne, c’est aussi parce qu’on manque de personnalités », constate, amer, un cadre de la majorité. « Cela ouvre une crise qui fragilise et ridiculise le Premier ministre », ajoute même un ministre.

En effet, Macron misait sur un second souffle avec ce remaniement. Une façon de se refaire et passer à une nouvelle séquence. Mais ces tergiversations constantes laissent transparaître une toute autre image : celle d’un gouvernement fébrile, en manque de réserves. Comme l’écrit Guillaume Tabard, éditorialiste au Figaro, le risque est grand, après une telle attente, de générer des déceptions : « Mais plus l’attente se prolonge et plus l’exécutif laisse prospérer toutes sortes d’interprétations. Et plus il s’expose au risque de la déception d’une opinion qui se dira « tout ce temps perdu pour en arriver là. »

Après un an de son quinquennat seulement, et alors que des chantiers décisifs – dont les retraites – restent à venir, le macronisme, loin de trouver le second souffle pour se relancer, montre qu’il est déjà à bout de souffle. 




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