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Débats

Un programme révolutionnaire et anticapitaliste

CDI pour tous, temps de travail à 32h, 1 million d’embauches dans le public… le programme de Poutou face à Macron, Fillon et Hamon

Dans la dernière ligne droite des présidentielles, tous les candidats ont dévoilé leur programme, y compris Macron, qui vient de dévoiler les mesures les plus rétrogrades qu’il compte faire passer s’il est élu. De Marine le Pen à Hamon, tous les programmes ont une invariante : ils sont tous synonymes de reculs pour les droits des salariés. Que ce soit par une politique de suppression de poste dans le public, une acceptation du chômage avec le revenu universel, une précarité accrue avec l’uberisation de la société, Fillon, Macron et Hamon actent tous à leur manière des reculs pour notre classe. Le programme de Philippe Poutou, candidat du NPA, cherche à s’opposer à cette logique destructrice avec un programme anticapitaliste et révolutionnaire : interdiction des licenciements et des suppressions de postes, réquisition des entreprises qui licencient, un CDI pour tou-te-s et un partage du temps de travail entre tous et toutes : voilà le programme de celui que certains ne cherchent qu’à ridiculiser sur les plateaux télés.

Comité de rédaction de L’Etincelle Anticapitaliste

Face à Fillon qui veut supprimer 500 000 fonctionnaires… Interdiction des licenciements, des suppressions de postes, réquisition des entreprises qui ferment ou licencient


Même fragilisé par le PenelopeGate, Fillon apparaît encore pour une partie du patronat comme le meilleure candidat pour attaquer le droit du travail et les « privilèges » qu’il donnerait.

Sans cesse plus de chômage...

Si aujourd’hui le chômage approche les 10%, c’est bien parce que depuis la crise de 2008, les licenciements pleuvent : 30 000 par an entre 2008 et 2013 ! La célèbre courbe qu’Hollande voulait inverser n’a fait que grimper… Ces licenciements et plans de suppressions de postes massifs (Arcelor, PSA, Goodyear…) ont servi à sauvegarder les profits malgré la crise, en faisant payer cette dernière à celles et ceux qui sont en bas de l’échelle, sur les chaines de production ou dans les bureaux. Cette logique a été la même dans le secteur public : non remplacement d’un fonctionnaire sur 2, saignée dans les services (10 000 emplois en moins rien qu’à La Poste depuis 2004), et elle a abouti à une situation dramatique dans les écoles, les universités, les hôpitaux.

Interdisons les licenciements

Si François Fillon aimerait dire, comme Margaret Thatcher, « There is no alternative », nous lui opposons notre programme face aux licenciements. Car derrière ce chômage de masse, il y a aussi la volonté d’éclater le monde du travail, en créant une opposition entre les « chanceux » qui ont encore un CDI tout en étant toujours plus exploités, et les « incapables » qui doivent pointer chez Pôle Emploi et sont dans la misère. Contre cette situation, il s’agit d’imposer une interdiction de tous les licenciements, dans les entreprises publiques et privées afin d’empêcher cette situation de misère généralisée.

Réquisitionner les entreprises qui ferment ou licencient

Quand un groupe comme PSA annonce 2300 licenciements comme à l’automne dernier, il faut demander l’ouverture de ses livres de comptes (voir page 11). Et contre tous les patrons qui ferment des sites de production, licencient, nous opposons la réquisition de leurs entreprises sous contrôle des travailleurs, lesquels seront plus à même de décider quelle doit être la marche de l’entreprise, en ayant les manettes de celle-ci.

Un million d’embauches dans les services publics pour parer à l’urgence

Enfin, si tout le débat de la primaire de la droite avait été de déterminer le nombre de fonctionnaire à supprimer (500 000 pour Fillon, 250 000 pour Juppé…), le débat doit au contraire porter sur comment renforcer le service public, à l’heure où les hôpitaux sont en burn out à force d’augmentation des charges de travail, où il n’y a pas assez de profs dans les lycées et les facs, où infrastructures et logements souffrent d’un manque chronique d’investissements. Un million d’emplois pour l’éducation, la santé et les infrastructures, c’est le seul moyen pour arrêter les suicides dans les hôpitaux et les démissions de l’éducation nationale, qui sont aujourd’hui les incarnations des politiques menées par Sarkozy, Hollande et leurs compères.

Uberisation : lutter contre le chômage en devenant tous auto-entrepreneurs ou un CDI pour tous et toutes ?

C’est une idée principalement aujourd’hui incarnée par Emmanuel Macron, qui cherche à se poser comme le « candidat du travail et du mérite ». Pour répondre au problème du chômage généralisé, celui-ci ne propose rien de moins que de généraliser le modèle Uber à l’ensemble de la société. Une logique qu’il nous faut absolument combattre.

Retour au capitalisme le plus sauvage

Sous couvert de résoudre le chômage grandissant et de s’adapter au « nouveau monde », l’ubérisation consiste surtout à détruire les quelques acquis restants conquis après la seconde guerre mondiale. Uber, c’est le nom de cette multinationale américaine qui a inventé le travail sans aucun contrat de travail, dans un rapport direct et individuel avec le donneur d’ordre, puisqu’officiellement, chaque chauffeur est "son propre patron", ce qui implique l’absence d’un salaire fixe minimum et, bien sur, l’absence totale d’application du droit du travail. C’est ainsi que, en lieu et place d’un projet luttant contre le chômage et la précarité, l’uberisation de la société n’est rien d’autre qu’une forme d’exploitation des travailleurs on ne peut plus sauvage, permettant une explosion de la plus value en faveur des patrons : aucun investissement (les voitures, assurances, protections du travailleurs sont à sa propre charge), et monopole du réseau de vente par l’application. Au contraire, nous luttons pour bâtir entre tous les travailleur-se-s une solidarité de classe qui nous renforce face à la rapacité des capitalistes

Un CDI pour tou-te-s

L’uberisation consiste aussi à jouer de la concurrence entre les différents secteurs pour niveler vers le bas les conditions de travail. On se souvient des manifestations de taxi jugeant que la concurrence des chauffeurs VTC était déloyale. Aujourd’hui, ce sont ces même chauffeurs VTC qui manifestent, dont la plupart peine à dépasser les 800 euros par mois malgré près de 60 heures de travail par semaine, pour... la mise en place de contrat de travail et un salaire minimum. Face à cette division, nous revendiquons le droit à un statut de travail pérenne pour chacun, un CDI pour toutes et tous et un SMIC fixé à 1700 euros nets.

Aux salarié-e-s de gérer les organismes de protection sociale

Dans la même logique de casse des statuts collectifs et du pouvoir de négociation des salariés, Macron propose de supprimer les cotisations chômage et maladie, pour étatiser la sécu comme l’Unedic. Une mesure qui ferait gagner quelques dizaines d’euros par mois au salarié, pour en perdre bien plus à chaque difficulté. Nous nous battons au contraire pour que ce soit au mouvement ouvrier organisé, et non à l’Etat et au patronat, que revienne la gestion des organismes de protection sociale.

Le revenu universel de Benoît Hamon n’est pas une solution : il faut partager le travail entre toutes et tous


Lors des primaires de la gauche, Benoit Hamon a fait du revenu universel une de ses principales mesures pour la campagne présidentielle. Cette idée n’est pas nouvelle, elle est reprise depuis plusieurs années par des hommes politiques et des économistes de droite comme de gauche. Il s’agit d’un revenu que toutes les personnes de plus de 18 ans toucheraient sans exception, situé entre 400 et 1000 euros suivant la personne qui le propose, versé tout au long de la vie.

La fausse bonne idée (déjà revue à la baisse)

Hamon n’a pas hésité à présenter cette mesure comme une solution efficace pour lutter contre le chômage et la précarité. Mais cette mesure qui se veut progressiste, ne l’est absolument pas, elle est même dangereuse pour tous nos acquis, notamment pour les aides sociales.

Avant même la fin de la primaire, Hamon avait déjà baissé le montant mensuel de sa proposition, pour la rendre plus acceptable par la droite du PS. Croit-il vraiment possible de vivre décemment avec 600 euros par mois ? Pour financer sa mesure Hamon veut fusionner les aides sociales existantes, si bien que rien n’assure qu’il s’agirait d’une augmentation en volume. Le revenu universel pourrait même devenir un prétexte pour revenir sur nos acquis, un projet de longue date du patronat.

La naturalisation du chômage, de la précarité et de la souffrance au travail

Si le revenu universel séduit certains économistes parmi les plus libéraux, ce n’est pas un hasard. Face à la numérisation et à la mécanisation de plus en plus poussée du marché du travail, il n’y aurait plus assez d’emplois pour tout le monde. Le revenu universel servirait donc à combler le « manque » de place sur le marché du travail, tout en permettant à ceux qui ne trouvent pas d’emplois de survivre en continuant de consommer. Ainsi Hamon naturalise-t-il la tendance actuelle, avec sans cesse plus de chômage, et un volume de travail sans cesse accru pour celles et ceux qui ont la chance d’avoir un emploi. Le revenu universel, cumulable avec un salaire, pourrait même devenir un prétexte pour multiplier encore les contrats précaires comme les CDDs, l’intérim, ou le travail à temps partiel.

Travailler moins pour travailler toutes et tous, sans baisse de salaire !

Le revenu universel est donc tout sauf une solution. Il n’y aura aucune avancée tant que les patrons garderont le pouvoir de décider qui travaille, comment et combien de temps. Voilà pourquoi nous luttons pour le partage du travail entre toutes et tous, sans baisse de salaire. Dans toute société, il y a une quantité X de travail à réaliser pour assurer la production socialement nécessaire : il faut la diviser par le nombre de la population active, et déterminer ainsi le temps de travail nécessaire. Ainsi nous produirons autant qu’aujourd’hui, mais mieux, et en vivant tous et toutes décemment. Pour commencer, il faut passer immédiatement aux 32 heures. Et, loin des 600 euros proposés par Hamon, nous revendiquons la hausse du SMIC à 1700 euros net et son indexation sur l’inflation, un minimum au vu des centaines de milliards d’euros de profits extraits chaque année sur notre dos par les patrons.




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