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Politique

Délit de solidarité ?

Cagnotte pour Dettinger : Schiappa veut les noms de ses soutiens

Après avoir applaudi la fermeture de la cagnotte de soutien à Christophe Dettinger, après sa mise en garde à vue, Marlène Schiappa a aussi déclaré être en faveur l’identification des personnes solidaires du boxeur.

Crédit photo : Wochit

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en ce 8 décembre, les cagnottes Leetchi sont devenus un véritable champ de bataille politique. Après avoir défié les forces de répression et s’être rendu à la police, un élan de soutien et de solidarité s’est lancé autour du boxeur Christophe Dettinger.

La cagnotte lancée à cet effet a avoisiné les 120 000€ en 24h, provenant de près de 8000 personnes, avec, sur les réseaux sociaux, tout autant de messages de soutien, voire d’admiration pour celui qui, loin de reculer face aux attaques, avait osé répondre à la violence policière.

Gouvernement, police et autres personnalités publiques se sont empressées de condamner fermement toutes ces expressions de soutien, et ces condamnations des violences policières. Après que le Crédit Mutuel a fait clôturé la cagnotte sur demande du gouvernement, c’est par contre une cagnotte pour les forces de répression qui a été ouverte, et qui reste bien active.

« Frapper un policier c’est s’en prendre à la République française, aux institutions de la république, à l’ordre public et c’est s’en prendre au peuple. » Dans ce désespéré rappel à « l’ordre républicain » – au nom duquel la police gaze et matraque les gilets jaunes depuis près de deux mois – Marlène Schiappa est allée jusqu’à demander à ce que les soutiens à Dettinger soit identifiés.

À l’antenne de BFMTV, celle-ci continue en « Qui finance les violences organisées contre les policiers ? […] Qui finance, qui soutient, qui est complice de ces violences graves ? Réussir à collecter plus de 120.000 euros en 24 à 48 heures, cela veut dire qu’il y a derrière des gens qui financent et qui sont complices de ces violences. Il ne faut rien laisser passer à ce sujet non plus. »

Et il est clair que le gouvernement, depuis de nombreuses semaines « ne laisse rien passer » en réprimant, autant sur le plan policier que judiciaire, ceux qui s’opposent à ce gouvernement des riches. Et ce regain d’autoritarisme va crescendo, avec les différents projets visant à criminaliser les manifestants, avec en premier lieu un fichage accru des manifestants qui est envisagé.

Mais face à cela, la réponse populaire est toujours aussi forte, autant sur les réseaux sociaux que dans la rue et sur les ronds-points où la détermination à lutter est toujours là.




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