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Société

Bonne nouvelle ! Les joints légalisés (mais de l’autre côté de l’Atlantique)

Cannabis. Le Canada légalise, la France persiste dans la répression

Le 17 octobre 2018, le Canada de Trudeau deviendra le deuxièmes pays à légaliser le cannabis après l’Uruguay de Mugica. L’alter-égo de Macron choisis ainsi une ligne opposée à ce dernier qui reste sur une ligne « tout-répressif » comme Gérard Collomb l’a confirmé lors de son discours du 25 Janvier 2018.

C’est décidé. La consommation de cannabis sera légale au Canada à partir du 17 octobre prochain. Ce pays devient le premier pays du G7 à légaliser l’usage récréatif de la marijuana et rejoint ainsi l’Uruguay dans la liste de nations ayant légalisé. Certains Etats nord-américains, comme la Californie, ont déjà légiféré en ce sens également. Il faut aussi noter qu’un grand nombre de pays ont dépénalisé et encadrent la consommation et la possession de petites doses de cannabis. De son côté, la France a choisi de renforcer sa politique de répression comme l’a annoncé Gérard Collomb lors de son discours du 25 janvier 2018.

Alors que le candidat Macron, dans son livre pompeusement intitulé Révolution semblait favorable à un assouplissement de la législation sur le cannabis en avançant vers des amendes faibles, un virement réactionnaire a été opéré depuis son accession au pouvoir, confirmé par les prises de position du ministère de l’Intérieur. Ce retournement, sous prétexte de protection de la santé et de la sécurité publique, est en réalité d’une grande hypocrisie.

En effet, la consommation touche énormément de personnes, essentiellement des jeunes. En 2014, près d’un élève sur quatre en fin de collège affirmé avoir déjà fumé du cannabis. Dans ce cadre de consommation de masse, choisir de renforcer l’arsenal punitif avec de fortes amendes forfaitaires (3750€ pour la simple possession), c’est continuer dans une voie qui a déjà prouvé son échec.

Cette politique cache un réel problème de santé publique. En effet, le cannabis comme les autres substances psycho-actives présente des risques d’addiction et pour la santé en générale. Dans ce cadre, le tout-repressif en cours en France isole d’avantage les fumeurs, au lieu de permettre une politique de prévention, et les expose à des risques liés à la qualité des produits consommés.

En effet, les conditions du trafic de cannabis entraîne une grande variabilité de la qualité des produits vendus en termes des taux de THC (la substance psycho-active présente dans la marijuana). Des taux très élevés de THC ont un plus grand impact sur la santé et augmentent le risque d’addiction. Ainsi, contrairement à l’argumentaire habituel qui considère que la répression permet de sauvegarder la santé publique, il en est tout autrement si l’on observe une consommation de masse d’un cannabis d’une qualité mal contrôlée et d’une tendance à l’isolement des fumeurs augmentant les risques d’addictions.

D’autre part, la politique de répression mise en œuvre augmente considérablement le niveau de violence décuplée par le cadre de l’économie souterraine. Et le cercle vicieux de la violence, alimenté par le tout-répressif et sécuritaire, qui sert à quadriller certaines zones et à consolider des pratiques policières coloniales, met toute la population des quartiers populaires en danger. Alors que la consommation est un problème de masse, elle permet à la police à justifier une politique de contrôle raciste dans les quartiers.

Légaliser, sous contrôle de l’Etat, le cannabis, comme toute substance addictive, à l’instar du tabac ou de l’alcool, le Canada du très centriste et libéral Trudeau s’y est résolu. De ce côté-ci de l’Atlantique, les réacs ont encore la haute-main sur la question du joint. En toute hypocrisie, bien entendu.




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